Creuse : un chien de chasse est mort de la maladie d’Aujeszky

Chasse Actu
date 10 décembre 2025
author Léa Massey

La mort d’un chien de chasse après un contact avec un sanglier infecté rappelle que la maladie d’Aujeszky circule toujours. Un risque sanitaire réel, trop souvent sous-estimé.

La nouvelle est passée presque discrètement, noyée dans le flux des faits divers locaux. En Creuse, un chien de chasse est mort après avoir été contaminé par la maladie d’Aujeszky, à la suite d’un cas confirmé chez un sanglier. Un drame pour son maitre, mais surtout un rappel brutal d’une réalité sanitaire que beaucoup préfèrent ignorer : ce virus n’a jamais disparu du milieu naturel.

La maladie d’Aujeszky, parfois appelée à tort « pseudo-rage », n’a pourtant rien d’anecdotique. Si la France est officiellement indemne dans les élevages porcins domestiques, le virus continue de circuler activement chez les sangliers. Et lorsque la barrière entre faune sauvage et chiens de chasse tombe, l’issue est presque toujours la même. Chez le chien, l’infection est foudroyante. Aucun traitement. Aucune issue favorable. Quelques heures ou quelques jours de symptômes neurologiques violents, puis la mort.

Dans le cas survenu en Creuse, le scénario est tristement classique. Un sanglier porteur du virus, probablement asymptomatique, un contact direct ou indirect lors de la chasse, et un chien contaminé. L’animal n’a pas survécu. Ce n’est ni un accident isolé, ni une exception géographique. Des cas similaires sont régulièrement signalés dans différents départements, parfois avec plusieurs chiens touchés lors d’une même saison.

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Ce qui frappe, à chaque fois, c’est le décalage entre la gravité du risque et la légèreté avec laquelle il est encore perçu. La maladie d’Aujeszky n’est pas un argument militant, ni un outil de communication. C’est un fait biologique, documenté, connu des services vétérinaires et des fédérations de chasse depuis des années. Elle ne relève ni de la polémique ni de l’idéologie, mais d’un simple principe de réalité : un chien qui entre en contact avec un sanglier infecté joue sa vie.

Les chasseurs le savent, mais pas toujours assez. Laisser un chien manipuler un sanglier mort, lui donner des abats crus, relâcher la vigilance au retour d’une battue, ce sont autant de gestes qui peuvent coûter la vie à un animal. Le virus résiste, circule, attend. Il n’a pas besoin de grands discours pour frapper.

Ce nouvel épisode en Creuse devrait donc servir d’alerte, non pas pour alimenter une peur irrationnelle, mais pour rappeler une responsabilité. Chasser, c’est aussi connaître les risques sanitaires liés à la faune sauvage, les assumer, et protéger ses chiens en conséquence. L’émotion ne suffira pas après coup. La prévention, elle, reste la seule arme efficace.

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