Cinquante chefs étoilés ont publié dans Le Monde une tribune pour expliquer aux paysans français comment faire leur métier. Jean-Paul Pelras leur a répondu. On n’a pas résisté.
Lettre à 50 chefs étoilés sur la compétitivité agricole – "À l’heure où le pays se désindustrialise, où les déserts médicaux s’étendent, où l’éducation comme la santé souffrent de désinvestissements chroniques dans une France surendettée, vous proposez ni plus ni moins de capter…
— Géraldine Woessner (@GeWoessner) May 19, 2026
Cinquante chefs étoilés (un beau chiffre rond), ont rédigé une tribune entre deux services parce qu’ils se sont sentis des velléités de monde meilleur.
Le message est simple (et tellement subversif !) : la compétitivité, c’est mal. La productivité, c’est le diable. Ce qu’il faut, c’est de la permaculture, du foncier citoyen, des serres à taille humaine et des réductions d’impôts fléchés vers des trucs qui sentent bon la décroissance. Le tout signé par des gens dont certains facturent le repas 400 balles.
Le maraîcher du Vaucluse qui a regardé disparaître les deux tiers de ses collègues en vingt ans, laminés par les tomates espagnoles et les courgettes marocaines, déplie son Le Monde du matin (on part du principe qu’il a le temps de le lire), et tombe sur la tribune. Il lit. Il relit. Il comprend qu’il n’a pas bien compris son métier. Heureusement que Pierre Gagnaire était là.
Pourtant (et c’est beau), ces gens sont occupés. Ils ont des brigades à gérer, des critiques à séduire, et des étoiles à conserver. Et pourtant ils prennent le temps. Pour les paysans. Pour les campagnes. J’en chialerais.
A lire aussi : On veut du local, mais loin de chez soi
Pelras leur demande, avec une politesse qu’ils ne méritent pas forcément, ce qu’ils penseraient d’agriculteurs publiant une tribune sur la bonne façon de faire cuire un tournedos ou de doser le vin blanc dans une marinade.
Les terroirs français sont devenus le terrain de jeu préféré de ceux qui ne les vivent pas. On y projette des songes, on y prescrit des remèdes, et on y dépose des tribunes entre la poire et le fromage. AOP le fromage, on n’est pas des sauvages. Et quand les paysans crèvent, on les comprend. Profondément. Humainement. Avant de passer à autre chose.
Merci les chefs.
A voir en vidéo :











Rien à ajouter 😉
Et voilà encore un épisode qui va sceller mon divorce avec la gastronomie étoilée, entamé depuis des années. Je ne m’étonne guère que ce milieu devenu arrogant, élitiste, aux égos surdimensionnés, et où le harcèlement est une pratique courante, vienne donner des leçons de vie aux autres. Qu’ils restent à faire leurs assiettes de you pla boum avec des virgules et des pousses posées à la pince à épiler pour ceux qui ont envie de payer ces trucs!
Les bons produits on y accède en direct aussi chez les paysans et au moins sur table une fois cuisinés on n’a pas la valeur d’une cuillere à soupe.
👍
Les restaurants étoilés emploient beaucoup de personnels,utilisent des ingrédients haut de gamme que la majorité des gens ne peuvent se payer.les clients sont souvent occasionnels ou des personnes a haut revenu et si tout le monde y trouve son compte ,tant mieux mais qu ils dirigent leur brigade et s abstiennent de donner des leçons.
Oui, merci les chefs de pointer les dégâts de l’agro-industrie et de défendre les paysans qui nous nourrissent.
Justement,ils ne défendent pas la majorité des paysans car ils se servent chez des maraichers qui vendent a des prix élevés,achètent par exemple des bars de ligne a 60 euros le kilo,proposent des menus autour de 200euros,tant mieux si vous pouvez vous le payer mais ce n est pas le cas de tout le monde.l agriculture doit faire le maximum pour diminuer les produits phytosanitaires,mais si nos paysans veulent survivre ils sont bien obligés de s aligner a cause de la mondialisation.
C’est précisément ce qui est dénoncé dans cette tribune: la mondialisation d’un système productiviste qui oblige les paysans à produire toujours moins cher, toujours davantage, au détriment de la qualité, de l’emploi et de l’environnement.
Eléonore,on est d accord,il faut s en prendre au système (mondialisation les cours des céréales se décident à la bourse, agriculture subventionnée dans le monde ect.)mais pas aux agriculteurs qui essaient de survivre.