Moratoire migrateurs : la science acquitte la chasse

Chasse Actu
date 23 juin 2025
author Richard sur Terre

Un rapport remis à la Commission européenne identifie les principales causes du déclin des oiseaux migrateurs chassables. Contrairement aux discours militants, la chasse n’en fait pas partie. Analyse.

En mars 2025, le groupe de travail TFRB (Task Force on the Recovery of Birds) a remis à la Commission européenne un rapport intitulé : Key actions to address the identified habitat-related pressures and threats on Birds Directive Annex II migratory species with non-secure status. Ce document dense de plus de 150 pages identifie les pressions exercées sur 26 espèces d’oiseaux migrateurs de l’annexe II de la directive Oiseaux, c’est-à-dire chassables. Il propose, pour chaque espèce, des mesures concrètes de restauration des habitats.

A lire aussi : Un moratoire plus vert que la science

Contrairement à une idée largement relayée par certaines ONG, la chasse est explicitement exclue du champ du rapport (p. 4 : « hunting is excluded as it is dealt with by other tasks »). Et pour cause : les travaux scientifiques coordonnés par l’IREC (Institut de recherche sur les ressources cynégétiques) ont déjà montré que, pour les espèces concernées, la chasse n’est pas un facteur limitant à l’échelle continentale, contrairement aux perturbations agricoles ou à la perte de biodiversité.

Une priorité : l’agriculture

Parmi les 63 actions clefs identifiées, 91 % ciblent la période de reproduction. La mesure la plus fréquente concerne les pratiques agricoles, en particulier :

  • le retard de fauche des prairies pour permettre aux nichées d’aboutir ;
  • la réduction des pesticides et herbicides, nuisibles à la ressource alimentaire des oiseaux (insectes, graines) ;
  • le maintien de jachères, haies et bordures non labourées ;
  • le retour à des systèmes agricoles extensifs, de type « haute valeur naturelle ».

Ces mesures, toutes finançables par la PAC (notamment les éco-régimes et les MAEC), sont considérées comme prioritaires pour restaurer les habitats de reproduction de la Caille des blés, de la Tourterelle des bois, des Sarcelles, du Vanneau huppé ou encore du Courlis cendré.

Une confirmation implicite : la chasse n’est pas le problème

Certaines de ces espèces sont visées par des moratoires ou des restrictions de chasse, souvent décidés au nom du « principe de précaution ». Pourtant, ce rapport scientifique les aborde sans jamais mentionner la chasse comme facteur de déclin. Mieux : il ne propose aucune action relative à une réduction de la pression cynégétique.

Pour la Tourterelle des bois, par exemple, l’effort doit porter sur la restauration des habitats, la création de haies, la conversion à l’agriculture biologique. Pour la Caille des blés, il est préconisé de retarder les moissons et de protéger les nichées en bordure de champs. Pour le Vanneau huppé, le facteur déterminant est la prédation naturelle excessive, en particulier par le Renard roux.

La prédation naturelle : une pression trop longtemps négligée

Le rapport identifie la prédation naturelle (notamment par le Renard et certains oiseaux opportunistes) comme un obstacle majeur au succès reproducteur de nombreuses espèces. Il recommande des actions ciblées : piégeage, gestion adaptative, clôtures temporaires, voire régulation des prédateurs dans certaines zones sensibles.

Cette approche pragmatique est à rebours des discours militants qui refusent toute intervention sur la faune sauvage. Or, les données montrent que sans action sur la prédation, les efforts sur l’habitat restent insuffisants.

Une gestion fondée sur la science, pas sur l’émotion

Le rapport plaide pour une gestion adaptative et scientifique, à l’échelle locale, en impliquant tous les acteurs, y compris les chasseurs. Il met en garde contre les approches standardisées et centralisées, qui ignorent la diversité des contextes écologiques et humains.

Il constitue donc une réfutation indirecte mais puissante des moratoires généralisés et des interdictions de principe. Non seulement ces mesures sont absentes du document, mais elles sont contre-productives lorsqu’elles créent du rejet, sans impact positif mesurable sur les espèces concernées.

Ce que permettent d’affirmer les données nationales complémentaires

L’analyse des bilans transmis par les États membres à la Commission européenne en 2024 renforce cette lecture. Elle met en lumière plusieurs faits majeurs :

  • Les États qui autorisaient la chasse sont ceux qui investissent le plus dans la conservation : l’Espagne, la France ou le Portugal sont en première ligne sur les jachères, la recherche, la régulation de la prédation ou le suivi par GPS. A contrario, les États où la chasse est interdite ou marginale agissent peu.
  • Les moratoires ne suffisent pas : en l’absence d’amélioration des habitats ou de lutte contre la prédation, les populations ne se redressent pas, même sans chasse. Le blocage administratif du plan français le montre bien.
  • La rigueur scientifique prime sur les décisions émotionnelles : les rapports émanant des États et de l’UE plaident pour des mesures adaptées, évaluables, co-construites, et non pour des interdictions symboliques.

Conclusion : la chasse, ni cause ni remède

Ce rapport technique, peu médiatisé, confirme une réalité déjà établie par plusieurs études scientifiques : la chasse durable n’est pas responsable du déclin des oiseaux migrateurs chassables. Elle peut au contraire faire partie des solutions, via la mobilisation des chasseurs pour la restauration des habitats et la gestion de la prédation.

Il est temps que les décideurs politiques cessent de céder aux pressions émotionnelles, et fondent leurs choix sur la rigueur scientifique. Ce rapport leur en donne les moyens. Encore faut-il qu’ils le lisent.

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32 Commentaires :
  1. Léonard
    23/06/25

    On attend donc l’appel auprès des agriculteurs du président de la FNC à la conversion à l’agriculture biologique…
    Chiche

    1. Pedro
      24/06/25

      L’agriculture biologique est une escroquerie. Inefficace ,et ,in fine , beaucoup plus nocive que l’agriculture raisonnée .La vérité finira par éclater . Patience est mère de sûreté.

    2. Fournié
      01/07/25

      Bonjour
      Tout est là mais il ne le fera pas par manque de courage et peut être par intérêt, il ne veut pas se fâcher avec eux, il connait très bien le pouvoir qu’ont les agriculteurs et l’industrie de la chimie dans notre pays. D’ailleurs Macron vient de les autoriser de nouveau à employer la chimie comme bon leur semble pour assurer la production. Dommage nous commencions à revoir des insectes sur les pare brise de nos voitures et un timide retour des oiseaux dans nos jardins avec les efforts très progessifs qui avaient été engagés mais voilà comme d’habitude priorité à la production.
      Et Macron dit priorité au retour de la biodiversité
      Comme très souvent, Mensonge…

  2. Chtivarois
    24/06/25

    Méthodes agricoles responsables ou pas, les chasseurs Français tentent de faire quelque chose. Plantation de haies, développement de moyens technologiques (radars) pour connaître les migrations etc..
    Maintenant, la destruction de milliers de palmipèdes en Hollande, légende urbaine ou réalité. Comme on en parle peu, je ne veux pas l’affirmer. Il y a là un sujet. La LPO et autres associations ne réagissent pas
    Aujourd’hui, si ce moratoire est suivi d’effets, la chasse prendra encore un coup dans l’aile. Alors Chasses Éternelles, faut il réagir? Je sais que vous êtes contre la grève. Mais à un moment, il faudra réagir. La seule action immédiate qui pourrait faire trembler la Sinistre Panier Runacher, c’est que tous les chasseurs de grands gibiers posent la carabine. Pendant cette saison 25/26 aucun tir de sangliers, cerf, chevreuil mais en même temps rassemblement dans chaque département des chasseurs pour faire des campagnes d’information au public pour expliquer ce mouvement et pourquoi, en désignant les responsables.
    Si je ne m’abuse, la Sinistre Panier Runacher a été adoubée membre d’honneur de la LPO par son Président à vie Bougrain Dubourg. Je suppose qu’elle renvoie l’ascenseur.

    1. Lacoste
      24/06/25

      Vous avez juste un petit détail à savoir la pression de chasse dans les pays du Maghreb bande de guignol

      1. Chtivarois
        24/06/25

        Incompréhensible !?

      2. Fournié
        01/07/25

        Et pourquoi bande de guignol ?

  3. serge
    24/06/25

    Les hirondelles ne se chassent pas, et pourtant, nous l’avons tous constaté, il n’y en a presque plus. Les chasseurs seraient ils les responsables. C’est le même constat pour les hoche queues jaunes, rouges ou noirs idem pour les bergeronnettes, il est vrai que des battues hebdomadaires les font décliner. Il y a d’autres espèces qui subissent le même sort et pourtant, personne ne les chasse. Le vomi habituel des réfractaires à la chasse affirme le contraire. Apportez des preuves autres que les enquêtes en interne réalisées par des spécialistes autoproclamés et nous pourrons avancer. Je suis certain qu’il y a un pas à faire chez chacun.

  4. Lucas
    24/06/25

    C’est normal que la chasse n’est pas mentionnée, vu que le rapport porte sur les menaces liées à l’habitat. C’est dit dans le titre: « habitat-related pressures and threats », « pressions et menaces liées à l’habitat ». Faut aller dans les autres rapports pour trouver les menaces liées à la chasse mais on peut pas dire que la chasse n’est jamais une menace, c’est de la mauvaise foi.

    1. Claude Dicket
      24/06/25

      « vu que le rapport porte sur les menaces liées à l’habitat »
      Alors pourquoi y parler des agriculteurs, et de la prédation etc… (a moins que le renard y possède une résidence secondaire…).
      Mauvaise foi, quand tu nous tiens…

      1. Lucas
        24/06/25

        Le rapport de la task 2 parle des agris et de la predation parce que ca concerne les habitats et que ca touche la repro (« habitats related pressures/threats affect mostly reproduction »).

        Ils disent bien que la chasse est traitée dans les autres tasks: « hunting is excluded as it is dealt with by other tasks ». La chasse c’est dans la task 4 et 5, pas la 2.

        1. Richard
          24/06/25

          Lucas,insectes,passereaux jamais chassés comme l hirondelle sont dans un état catastrophique ect.e ct.il y a cinquante ans ,le double de chasseurs et la chasse pratiquée quasiment toute l année et pourtant le petit gibier était abondant.depuis que la tourterelle est interdite au mois de mai(pour moi justifié)et partie de France a l ouverture elles n ont cessé de diminuer .je continue !un peu d objectivité .j habite un endroit très touristique,on demoustique sans arrêt,la nuit depuis un hélicoptère,dans les prés salés avec des pulvérisateurs soit disant inoffensifs mais depuis plus de passereaux,plus aucun batracien dans les mares alimentées par source.un vieux chasseur toujours aussi passionné,qui tué peu.

          1. Lucas
            24/06/25

            Bah je sais bien, tout ca est vrai et c’est ecrit dans le rapport, l’agriculture moderne a un gros impact.
            Mais c pas vrai que la chasse n’a pas d’impact du tout. C’est juste que la task 2 elle ne parle que des menaces sur les habitats parce que les impacts de la chasse sont dans la task 4 et 5. Vous pouvez pas dire le contraire de ce qui est ecrit, c pas honnete.

          2. Richard
            24/06/25

            Luca,nous tuons des animaux mais un chasse raisonnable avec des prélèvements modérés,compenses par certaines actions,plantations de haies,réserves, abreuvoirs,sauvetage de zones humides,sauvées du remembrement ect.ont peu d impacts.le grand gibier géré par les chasseurs avec des plans de chasse s en sort pas si mal .quel est l intérêt pour un chasseur d une nature. vide.

    2. Coos
      24/06/25

      Complètement d’accord avec vous, le rapport ne parle pas de la chasse et le précise clairement,… Conclure que la chasse n’a pas d’impact parce que non évaluée dans ce rapport est, d’évidence, de la propagande malhonnête,…

      1. Richard
        24/06/25

        Coos la malhonnêteté c est de s en prendre toujours aux mêmes qui pour la plupart essaient de faire quelque chose, plantation de haies, abreuvoirs,création de réserves ect.

        1. Léonard
          24/06/25

          Est-ce que ce ne serait pas aussi essayer de faire qqchose que d’exercer une pression de la part des chasseurs sur les agriculteurs pour qu’ils changent leurs pratiques les plus nocives ? Répéter indéfiniment que les anti chasses sont debiles et délirants c’est la facilité. Ce n’est ça qui ramènera le petit gibier dans la plaine. Quant aux actions concrètes des chasseurs dont acte. Mais est-ce que cela fait le poids par rapport aux effets massifs du modèle agricole majoritaire ? Vous avez le courage de rapporter les conclusions de cette étude européenne…. Allez jusqu’au bout de votre logique.

          1. Fournié
            01/07/25

            Le trio Macron, Schraen et Coste sont fier d’avoir eu la peau de Hulot en tant que ministre mais peut être que lui aurait le courage de s’attaquer réellement aux pratiques agricoles destructrices. Soit nous y aurions laissé quelques plumes mais il est tant de se mettre autour d’une table avec nos opposants dans un but constructif pour tous.
            Après tout ils veulent comme nous une nature en bonne santé, alors allons y travaillons ensemble contre les ennemis de la sauvegarde de la biodiversité.

      2. Lucas
        24/06/25

        La tourterelle se cassait la figure, l’europe nous impose un moratoire pendant quatre ans et pouf quand on arrete la chasse les effectifs remonte et on va pouvoir la chasser la prochaine saison. C’est quand meme pas une coincidence? Tu peux pas dire que la chasse n’a pas d’impact du tout. Le sedentaire on gere mais le migrateur on fait comme si c etait jamais notre faute. Serieux, faut assumer!

  5. Bebert
    24/06/25

    Chez nous le premier qui trouve une sauterelle gagne 100€….on a jamais payé quelqu’un 🤕

  6. Richard
    24/06/25

    Luca ,je reprends,chez nous a l’ouverture début septembre elles sont déjà parties se faire massacrer au Maghreb,quant a la chasse au moi de mai,je trouve normal de l avoir interdire car on tuait des tourterelles en fin de migration ,maigres ,mais cette interdiction n a eu aucun impact puisqu a l’ époque elles étaient nombreuses et on diminué ensuite .je n’ai jamais dit que la chasse n avait pas d impact mais a nous de tuer quand la population le permet sauf que l on s en prend toujours aux mêmes et on occulte tout le reste.

  7. Arlette Grenier
    24/06/25

    Les scientifiques de la FNC.. c’est sûr que ça a une grosse valeur .. Arnaque

  8. Arlette Grenier
    24/06/25

    Les scientifiques de la FNC.. c’est sûr que ça a une grosse valeur .. Arnaque

    Jamais commenté ça ..soyez honnête

  9. Arlette Grenier
    24/06/25

    Les scientifiques de la FNC.. c’est sûr que ça a une grosse valeur ..

    1. Richard
      24/06/25

      Arlette,pourquoi il n y a que scientifiques écolos qui possèdent le savoir et oui nous faisons et participons a des études , finançons des balises,des radars ect.

      1. Sylvain
        25/06/25

        Encore faut-il préciser que ces études ne sont jamais publiées dans des revues scientifiques et que leurs résultats confirment des résultats déjà connus sans apporter de nouveauté.

        1. Richard
          27/06/25

          Sylvain,les scientifiques,ils avaient prédit l extinction rapide des frelons asiatiques car issus de quelques reines,perso j en ai capturer plus de 200 entre avril et mai.les suivis d oies et canards équipes de balise ,que je sache ont été publiés.

      2. Jacques
        30/06/25

        Ah bon, vous avez aussi effectué des études scientifiques en plus de tout le reste? L’omniscience vous a touché en plein coeur dîtes-moi, tout comme l’humilité! 😅

  10. Gatillier
    26/06/25

    Peau de chasseur ne sont pas conscients des dégâts qu’il provoque ainsi que les agriculteurs et bien d’autres mais personne ne va en prendre la responsabilité tout le monde est coupable moi le premier

  11. Eric
    30/06/25

    Richard n’a pas lu tout le rapport, il ne faut pas lui en vouloir, il n’a pas fait exprès, c’est promis!
    Et non, ce n’est pas un manipulateur, arrêtez de le penser aussi fort hein!

  12. yvon
    30/06/25

    la disparition du petit gibiers est certainement due en premier lieu par l’agriculture intensive mais et personne n’en parle par la circulation automobile responsable de la mort de nombreux oiseaux ,lièvres …
    l’absence de piégeage des prédateurs que sont les bec droits les reard et autre sans compter les les nouveaux esod que sont les aigrettes ,herons qui n’ont pas leurs pareils pour décimer une compagne de perdreaux.

  13. G.Guermonprez
    02/07/25

    Encore une belle tentative d’arnaque intellectuelle et de propagande.
    Le sujet du task 2 est l’impact sur l’habitat, et n’évoque pas la chasse, car la chasse est traitée dans les autres rapports, pas dans le 2. Alors du coup c’est normal que la chasse ne soit pas évoquée.

    Bravo, bien essayé le filoutage .😅

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