Le moratoire sur les énergies renouvelables a été rejeté. Dont acte. Mais l’épisode révèle une vérité simple : la transition énergétique ne supporte plus les illusions.

Ce lundi 24 juin, l’Assemblée nationale a rejeté à une large majorité la proposition de moratoire sur les énergies renouvelables. Immédiatement, les grands prêtres du solaire subventionné et les lobbies de l’éolien offshore ont poussé un soupir de soulagement. « La transition continue ! », clament-ils. Mais laquelle, au juste ? Celle qui repose sur des productions intermittentes, coûteuses, peu pilotables et massivement importées ? Celle qui défigure nos paysages pour une efficacité douteuse ? À force de confondre écologie et idéologie, la France avance à l’aveugle. Et ce vote ne fait que repousser une remise en question inévitable.
Un moratoire n’est pas un sabotage
Soyons clairs. Le texte proposé par le Sénat n’était pas une déclaration de guerre au solaire ou à l’éolien. Il s’agissait de suspendre temporairement les nouvelles installations, le temps d’en évaluer objectivement les impacts. Car derrière les promesses vertes, la réalité est moins reluisante : dépendance aux importations chinoises, recyclage aléatoire, rendement incertain, besoin d’un double réseau gazier pour pallier l’intermittence… Mais poser des questions devient un blasphème, et la simple idée de ralentir la machine est vécue comme une hérésie. Résultat : le débat a été expédié. Circulez, il n’y a rien à voir. Ni audit, ni plan B.
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Le nucléaire : la seule colonne vertébrale sérieuse
Pendant ce temps, l’évidence, elle, se renforce. Le nucléaire est aujourd’hui la seule énergie bas carbone capable de répondre aux besoins d’un pays moderne, sans intermittence, sans fantasme. Et ce n’est pas un slogan. C’est un fait physique, un rapport puissance/coût/durée que ni le solaire ni l’éolien n’approchent, même de loin. La France avait un trésor industriel. Elle l’a sabordé. Mais il n’est pas trop tard pour reconstruire. Repenser Fessenheim, relancer les EPR, redonner à EDF une vision souveraine : voilà ce qu’il faudrait faire. Pas courir après des moulins à vent en plantant des mâts géants dans le bocage.
Une écologie de la contrainte
Le plus inquiétant dans cette affaire, c’est le climat moral qui entoure les énergies renouvelables. On ne les discute plus. On les impose. Même lorsque les agriculteurs protestent, même lorsque les riverains s’épuisent à faire valoir le droit du paysage. La transition n’est plus une ambition collective : c’est une course aux objectifs chiffrés, une frénésie de production, et au fond une punition. Il faut produire moins, dépenser moins, s’habituer à l’incertitude, au délestage, à l’hiver sans lumière. Tout cela au nom d’un dogme dont personne n’ose contester les fondations. Et c’est précisément pour cela que le nucléaire dérange : il invalide cette économie de la pénurie.
L’absurde logique des deux moratoires
Et pendant que l’on rejette un moratoire sur les énergies renouvelables – au motif qu’il ralentirait la transition –, on envisage sérieusement d’en imposer un sur la chasse de certains oiseaux migrateurs. Comprenne qui pourra. Les mêmes qui dénoncent la mortalité causée par les chasseurs ferment les yeux sur les centaines de milliers d’oiseaux tués chaque année par les éoliennes. Deux poids, deux mesures. La mort d’un courlis choque si elle vient d’un fusil, mais devient statistique quand elle vient d’une pale. Voilà le niveau de cohérence : idéologique, pas écologique.
Ce moratoire a été rejeté. Soit. Mais il aura eu le mérite d’exister. De briser, un instant, le ronron béat du consensus. Et de rappeler que la France, pour rester debout, devra bientôt choisir : continuer à espérer que le vent tourne, ou redevenir maîtresse de son énergie. L’écologie n’est pas un totem. C’est un cap. Et le cap, c’est la lumière. Pas l’obscurité au nom de la vertu.
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Concernant la gestion de l’énergie en France, il est dommage de systématiquement oublier l’importance capitale de l’hydraulique : les barrages et les STEPs sont la colonne vertébrale de notre système, avant même le nucléaire. Ce dernier est imbattable en quantité de puissance fournie mais n’a pas la capacité de réagir instantanément aux pics et creux de la demande.
Sur ce sujet complexe, je conseille de visionner la chaine Youtube du « Réveilleur » dont les dossiers complets et argumentés sérieusement font autorité.
L’hydraulique n’est pas souhaité nI soutenue. Notre famille avait une petite centrale hydraulique puis un jour mon père c’est retiré, manque de bol le nom est resté mais le prénom a changé et le malheur veut que nous n’étions pas en société. Donc le droit d’eau et toute la suite était à refaire. Mais après 5 ans à batailler avec notre administration j’ai laissé tombé. Fatigué, révolté et déçu.
Bonjour,ah!c’est rigolo,tout le monde veut du solaire ou de l’éolien, mais pas à côté de chez soi!!!,et les coût sont élevés et pas très clairs, pour le nucléaire depuis des années on a perdu du temps et du savoir-faire, on remonte la pente paraît-il, tant mieux ! Mais c’est encore cher pour les consommateurs particuliers et les entreprises, comme ces boulangeries qui déposent le bilan suite aux dernières hausses,là, c’est le travail des politiques de résoudre ce problème au lieu de se battre et régler ce calcul bizarre du prix.
Autant je suis d’accord sur le fond, autant on s’éloigne franchement du domaine de la chasse. Surtout sur ce sujet très compliqué où il n’y a pas vraiment de bonne réponse universelle. À la rigueur, il aurait fallu développer sur l’impact des ENR sur les oiseaux, les zones humides, etc… Ça, ça concerne davantage la chasse.
Bonsoir, vous avez raison le sujet peut être complexe, et le sujet ne vient pas moi,mais interresse tous les français, et donc les chasseurs aussi puisque l’environnement est modifié par les parcs éoliens, et les parcs photovoltaïques,nuisances ou pas pour la biodiversité ?des rapports existent .personnellement dans mon secteur à 360 degrés que des parcs éoliens, la nuit ça clignote rouge partout!!
Le point commun entre les oiseaux et les énergies décarbonées c’est que tout a été et est généré au ministère de l’écologie. L’erreur a été de donner les clés de ce ministère à des écologistes qui plus est souvent intégristes. Le résultat pourtant prévisible et le constat des erreurs funestes n’a pas fait changer le casting. Hulot, Pompili, de Rugy, de Montchalin, Pannier-Runacher regardez les mesures prises. Désespérant.
Les chasseurs ne sont pas tous d’exreme droite loin s’en faut. Mélanger théories du RN et chasse, be trouve que c’est nul….
Je comprends de moins en moins la ligne éditoriale de chasses éternelles. Autant quand les sujets de fond parlent uniquement de chasse, j’y trouve de l’objectivité et de la pertinence, autant quand le sujet s’égare sur les ENR, je trouve ça hors sujet et un tantinet politisé. Je me souviens d’une vidéo où Richard sur Terre disait ne pas connaître la question de l’éolien en France en faisant le parallèle avec les anti-chasse qui ne connaissaient pas la chasse. Je regrette un peu la sagesse de cette époque.
Je suis assez d’accord avec vous, d’autant que dans ce genre d’article apparaissent des affirmations qui semblent sorties tout droit d’un manifeste militant pro nucléaire. Je ne suis pas un défenseur de l’industrie pseudo verte, bien au contraire. Mais il me semble que les problèmes posés par le nucléaire sont très peu discutés. Entre autres :
– la souveraineté : le combustible des centrales provient du Niger, du Kazakhstan et du Canada…
– l’extraction de l’uranium est une belle saloperie écologique pour les populations locales et tout ce qui vit autour (mais bon, on s’en fout, c’est chez les autres…)
– un autre point majeur, jamais discuté : la dangerosité et l’extrême longévité des déchets implique d’être capable de les gérer pendant des siècles voire des millénaires pour éviter des catstrophes. Cette gestion implique une société hautement technologique qui restera relativement stable politiquement tout au long de ces siècles/millénaires, ce qui n’est jamais arrivé dans l’histoire humaine. Qui peut affirmer que ce sera le cas (sans trembler des genoux) ? Avec nos 57 réacteurs nucléaires, je vous laisse imaginer les risques en temps de guerre. Regardons les 150 dernières années…
La question des choix énergétiques mérite au minimum de grands débats publics (pas organisés dans un espace médiatique détenus par quelques milliardaires) avec tous les arguments sur la table. Et avec référendum par la suite.
En tout cas le sujet mérite mieux que des articles sentencieux.
Je suis assez d’accord sur le fait que certains articles s’éloignent peut-être un peu trop du monde de la chasse. Les questions relatives aux énergies du futur nous concernent bien en tant que citoyens, mais probablement moins en tant que chasseurs, ou du moins différemment de la façon dont le sujet est abordé dans l’article….
Richard, tu fais des merveilles quand tu défends la chasse face à l’insondable bêtise des militants écologistes.
Par contre, quand ton avis personnel sur des questions d’ordre purement politique prend le dessus, j’avoue que ça me gêne un peu…