La « gauche respectable » retourne sa veste

Les plumes de Richard
date 17 mars 2026
author Richard sur Terre

Pendant des semaines, socialistes et écologistes ont expliqué qu’ils avaient pris leurs distances avec La France insoumise. Puis, au soir du premier tour, les accords sont revenus partout où ils redevenaient utiles.

Depuis plusieurs semaines, le Parti socialiste et Les Écologistes ont vendu la même idée : eux seraient la gauche sérieuse, la gauche fréquentable, la gauche capable de gouverner sans se confondre avec les outrances, la brutalité militante et la logique de tension permanente de La France insoumise. Le message était simple. Il fallait rassurer l’électorat modéré, reprendre un peu d’air, faire croire qu’une frontière politique avait enfin été tracée.

Cette frontière n’aura pas tenu une nuit.

À Toulouse, Limoges, Clermont-Ferrand, Brest, Nantes, Avignon ou Strasbourg, socialistes et écologistes ont finalement conclu des accords avec LFI pour le second tour. 

Quand une ligne politique présentée comme décisive devient négociable dès que les calculs électoraux l’exigent, ce n’est plus une ligne. C’est un enfumage.

Une respectabilité de vitrine

Alors oui la politique locale est pleine de compromis. Le problème c’est d’avoir théâtralisé une prise de distance, d’avoir demandé aux électeurs d’y croire, d’avoir fait de cette distance un argument moral, pour revenir ensuite à l’union dès que le risque de perdre une mairie devenait réel.

Les écologistes l’assument d’ailleurs ouvertement. Leur message publié ce 17 mars ne parle plus de rupture, ni de clarification, ni de divergences de fond. Il célèbre la « fusion » et l’« union de la gauche et des écologistes pour vaincre la droite et l’extrême droite ». Le mot d’ordre n’est plus la cohérence. C’est le rassemblement, tout de suite, parce qu’il faut gagner. 

Le plus frappant est peut-être  de voir cette gauche dite « de gouvernement » essayer de faire croire qu’elle pouvait bénéficier à la fois des avantages de la séparation et des bénéfices de la recomposition. Au premier tour, on récolte les voix de ceux qui ne supportent plus Mélenchon et ses méthodes. Au second, on recolle les morceaux au nom du barrage. Le procédé est commode et il ressemble fort à un doigt d’honneur.

L’électeur modéré a servi de marchepied

Un électeur socialiste ou écologiste pouvait très bien se dire ces dernières semaines : enfin, ils ont compris. Enfin, ils cessent de s’aligner. Enfin, ils admettent qu’il y a une incompatibilité de style, de pratique, et même de fond. Cet électeur découvre aujourd’hui que cette incompatibilité peut être suspendue en quelques heures, au gré des rapports de force municipaux.

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Il faut être juste : les désaccords à gauche sont réels. On le voit encore à Paris, où Emmanuel Grégoire a refusé l’alliance avec Sophia Chikirou et a maintenu sa liste, tandis qu’à Marseille Benoît Payan a refusé toute alliance avec LFI malgré la poussée du RN, avant que Sébastien Delogu se retire. La mécanique n’est donc pas uniforme mais elle tient plus du rapport de forces local que de la posture républicaine. 

La séquence raconte quelque chose de très banal et de très français : la gauche de gouvernement continue de vouloir se présenter comme moralement plus exigeante que le reste du jeu politique, tout en pratiquant, quand la nécessité se présente, les mêmes arrangements, les mêmes contorsions et les mêmes accommodements. Le vocabulaire change mais la tambouille reste.

Quand le masque tombe

Alors non le PS et Les Écologistes ne sont pas devenus insoumis. Ils n’avaient juste pas réellement fermé une porte qu’ils prétendaient avoir définitivement claquée. Leur rejet de LFI n’était qu’un placement de campagne. Une manière de tenir à distance une image devenue embarrassante, sans renoncer à s’en servir ensuite.

Le plus probable est que beaucoup d’électeurs ne retiendront ni les subtilités d’appareil ni les distinctions entre accord local, fusion technique, retrait stratégique ou désistement républicain. Ils retiendront autre chose, de plus simple : on leur a parlé de principes, puis on leur a présenté des combinaisons.

C’est le vrai prix de ce genre de manœuvre. Quand on se dit fréquentable, il faut éviter de donner le sentiment qu’on a seulement repeint la devanture avant de rouvrir l’arrière-boutique.

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4 Commentaires :
  1. Jean 2
    17/03/26

    Bonsoir, hé oui!pour ceux qui ne le savaient pas encore, les politiques « mentent »souvent !surtout pour » aller à la soupe »

  2. Jean 1
    17/03/26

    Je comprends plus rien,ces personnes sont déjà élues,on peut constater leur gestion,leur comportement,ils ne cherchent qu à diviser mais on vote pour les mêmes,on s enfonce de plus en plus.il y a eu exactement les mêmes alliances aux législatives.honneur a ceux qui les refusent.meme problème pour la chasse et notre manque de solidarité.

    1. Marc
      18/03/26

      Bonjour Jean , et que dire de ces politiciens qui ont fait partis des gouvernements successifs qui ont participé à faire sombrer la France , qui viennent aujourd’hui nous dire quoi faire , nous donner les solutions qu’ils n’ont jamais mis en oeuvre ? Des solutions à des problèmes qu’ils ont eux-même créé . Ces gens là n’ont qu’une chose à faire , c’est se taire et disparaitre de la vie politiques , enfin s’il avaient un peu d’honneur et de sens du ridicule ! Mais temps que des Neuneux voterons pour eux , ils auront de belles années devant eux hélas .

      1. Jean1
        19/03/26

        👍 complètement d accord.certains, totalement formatés,votent de 18 ans jusqu à leur mort pour le même parti sans chercher a comprendre .

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