À Fréjus, nourrir les sangliers devient un délit ordinaire

Chasse Actu
date 30 janvier 2026
author Richard sur Terre

Un geste présenté comme anodin devient une infraction sanctionnée. À Fréjus, nourrir les sangliers expose désormais à une amende pouvant atteindre 450 €. Une mesure de bon sens qui révèle surtout des années de renoncements.

Le rappel à l’ordre

L’annonce est passée par les médias nationaux, notamment BFMTV : à Fréjus, donner à manger aux sangliers est désormais puni d’une amende pouvant aller jusqu’à 450 €. La municipalité rappelle l’application stricte du droit existant. L’alimentation volontaire de la faune sauvage en milieu urbanisé favorise l’habituation, l’installation durable et, in fine, les conflits avec les habitants. Le droit ne fait ici que nommer un enchaînement de causes et de conséquences connu depuis longtemps.

Une scène banale devenue problématique

À la tombée du jour, un jardin retourné, des sacs éventrés près d’un local à poubelles, une laie suivie de marcassins qui traverse la chaussée sans accélérer. Ces scènes ne relèvent plus de l’exception. Elles sont le produit d’une proximité entretenue : restes déposés volontairement, fruits laissés à portée, tolérance répétée. À force d’être nourri, l’animal cesse d’éviter l’homme. Il s’installe. La ville devient un garde-manger.

Le faux alibi de la compassion

Nourrir « pour aider », « pour observer », « par pitié ». L’argument est connu, et trompeur. Le sanglier n’est pas un animal domestique en détresse. L’apport artificiel ne régule rien : il concentre les individus (ce que fait l’agrainage en forêt pour protéger les cultures), et déplace les dégâts. Ce que l’on croit être un geste de bienveillance se transforme en subvention déguisée à une population déjà excédentaire, au cœur même des zones habitées.

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Une sanction qui dit l’essentiel

L’amende maximale — 450 € — correspond à l’arsenal contraventionnel existant. Elle n’a rien d’exorbitant. Elle a surtout une fonction dissuasive claire : faire cesser les comportements qui fabriquent le problème, puis s’en indignent. La règle est simple, lisible, et applicable. Elle ne prétend pas tout régler, mais elle coupe un robinet.

Ce que la mesure ne remplace pas

Interdire de nourrir ne dispense pas de penser la gestion. Prévention des attractifs, sécurisation des déchets, interventions adaptées quand la situation l’exige : la responsabilité est collective et graduée. La sanction n’est pas une politique en soi. Elle marque une limite. Elle rappelle que la cohabitation s’organise à partir des usages réels et des effets observables.

À Fréjus, on a cessé de confondre tolérance et laxisme. Nourrir les sangliers n’est pas un acte neutre ; c’est un facteur de désordre. Le rappeler par le droit, et par le portefeuille, c’est reconnaître que la faune sauvage ne se gère ni à la main, ni au cœur, mais par des règles claires et tenues.

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