Une étude nationale publiée en janvier établit une corrélation robuste entre achats de pesticides et baisse d’abondance des oiseaux communs. Le sujet mérite un examen lucide, sans caricature sanitaire ni posture idéologique.
🐦 La plupart des espèces d’oiseaux sont moins abondantes en France dans les zones où les achats de pesticides sont plus élevés, concluent des chercheurs, suggérant qu'une baisse de l'utilisation de ces produits aiderait à protéger la biodiversité.
— Agence France-Presse (@afpfr) February 24, 2026
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L’étude, publiée dans Proceedings of the Royal Society B, repose sur un croisement massif de données.
D’un côté, les achats de 242 substances actives déclarés en 2017 dans la base nationale BNV-D de l’ANSES, rapportés aux surfaces en cultures. De l’autre, les relevés d’abondance de 64 espèces communes issus du programme STOC-EPS, avec plus de 2 000 points de comptage en terres agricoles entre 2015 et 2019.
Les auteurs utilisent des modèles mixtes, intègrent des variables climatiques au printemps, contrôlent des indicateurs d’intensification agricole (taille des parcelles, présence de haies, diversité des cultures, usage d’engrais). La multicolinéarité est testée, l’autocorrélation spatiale vérifiée.
Le résultat principal est clair : 84,4 % des espèces étudiées présentent une corrélation négative avec les achats de pesticides ; pour 25 d’entre elles, le signal est statistiquement significatif.
On peut contester l’interprétation mais on peut difficilement balayer le dispositif.
Ce que disent les chiffres
L’étude est observationnelle et transversale. Elle montre qu’à l’échelle nationale, les territoires où l’on achète davantage de pesticides sont en moyenne ceux où l’abondance d’oiseaux communs est plus faible.
Elle ne démontre pas qu’une molécule donnée provoque mécaniquement la disparition d’une espèce précise. Elle agrège 242 substances sans distinguer finement herbicides, insecticides ou fongicides. Elle s’appuie sur les achats comme proxy, ce qui ne permet pas de connaître la dose réellement épandue parcelle par parcelle.
Ces limites existent. Les auteurs les mentionnent. Elles bornent la portée causale. Mais la robustesse du signal statistique est là.
Sortir enfin du chantage sanitaire
Un point mérite d’être salué. Le débat sur les pesticides est trop souvent capturé par l’angle de la santé humaine, avec son cortège d’images anxiogènes et de procès moraux. Ici, le sujet est la biodiversité.
La perdrix qui disparaît d’un talus. Les alouettes plus rares au-dessus d’un plateau. Le silence qui s’installe au printemps sur certaines plaines ouvertes.
Ce déplacement est salutaire. Il permet de regarder un indicateur écologique sans transformer immédiatement la discussion en accusation morale.
Les insectes, pivot discret de la reproduction
L’un des points les plus préoccupants concerne les espèces insectivores. Beaucoup d’oiseaux granivores à l’âge adulte nourrissent leurs poussins exclusivement d’insectes pendant les premières semaines. Une nichée dépend d’une biomasse abondante de chenilles, de diptères, de petits invertébrés.
Moins d’insectes au printemps signifie moins de protéines pour les juvéniles. Moins de jeunes à l’envol signifie moins d’adultes l’année suivante. Le lien trophique est connu. Il est documenté depuis des années en Europe.
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Si l’intensité chimique contribue à réduire la ressource entomologique, l’effet indirect sur l’avifaune devient biologiquement plausible. C’est une vraie mécanique écologique.
Un facteur parmi d’autres, mais un facteur réel
Les pesticides ne sont pas le seul moteur du déclin. La disparition des haies (malgré les efforts, des chasseurs notamment), l’agrandissement des parcelles, la simplification des rotations, l’homogénéisation des paysages agricoles pèsent lourd. Dans certaines régions, la perte de structures paysagères explique à elle seule l’effondrement de certaines espèces.
L’étude montre cependant que, même en contrôlant statistiquement ces éléments, le signal lié aux achats de pesticides persiste.
Une question de fonctionnement
Le sujet dépasse l’affrontement stérile entre défenseurs et accusateurs. Un agro-écosystème est un système vivant. Il doit produire, mais il doit aussi rester fonctionnel. Pollinisateurs, insectes, oiseaux, microfaune des sols participent à son équilibre.
À quel niveau d’intensité chimique un paysage cultivé cesse-t-il d’être écologiquement viable à long terme ? Où se situe le seuil critique ? Les vraies questions sont là.
Ce que cette étude oblige à regarder en face
Alors non, elle n’apporte pas une démonstration expérimentale définitive. Elle n’identifie pas une molécule coupable unique non plus, pas plus qu’elle ne prouve qu’une réduction immédiate entraînerait mécaniquement un rebond.
Mais elle renforce nettement l’idée que l’intensité chimique globale d’un territoire agricole est associée à un appauvrissement avifaunistique mesurable. Ignorer ce signal serait intellectuellement léger. L’exagérer serait tout aussi peu rigoureux. Il faut simplement le regarder en face : les oiseaux déclinent en silence.
A voir en vidéo :











Il n y a pas besoin d être scientifique pour constater la collerration entre la diminution des insectes,des oiseaux et l agriculture moderne.pour pouvoir rembourser les emprunts,ils sont obligés d avoir des rendements importants,donc utiliser des produits phytosanitaires car le système est aujourd’hui mondial.deja il faudrait que le consommateur joue le jeu mais c est pas le cas.
Tiens c’est quand même marrant…
Très bon article hein, mais réussir à pondre un texte sur la diminution de l’abondance des oiseaux communs, résultats du programme STOC-EPS, sans mentionner une seule fois la LPO et/ou le MNHN qui coordonnent de dur labeur ce protocole en tandem depuis plus de 30 ans, c’est quand même un sacré vol en feston !
Nestor,il y a très longtemps que les chasseurs,(gros impact sur les perdrix)apiculteurs,ont dénoncé l impact de l utilisation des insecticides sur le tournesol.si on veut un résultat il faut des mesures internationales ou interdire toute importation de produits traités mais comme nous sommes dirigés par un grand mondialiste ,c est pas près de changer.
Heureusement que nous avons des scientifiques pour nous dire que balancer des cocktails de centaines de molécules expressément conçues pour tuer des formes de vies (insecticides, herbicides, fongicides…), et ce, pendant des décennies, est responsable de la chute d’une partie de la biodiversité…
Qui aurait pu l’imaginer ? !
Bonsoir, comme vous l’avez dit ,la transformation du paysage pèse lourd aussi ,sur la disparition de la biodiversité ,voire pour moi l’élément principal, les patures ou prairies avec haies pouvaient compenser ces terres traitées, aujourd’hui elles ont disparu dans mon secteur(plus de vaches)et retournées , cultivées et traitées.triste constat,tout le monde s’en fout,l’Europe en tête, c’est le règne de l’argent,l’agriculteur lui, essaye de survivre en produisant toujours plus,le vanneau huppé ne s’arrête plus,à quoi bon ,moins de vers de terre,hélas pour lui au départ, même chose en Russie qui s’est modernisée et blé à gogo ainsi que des prairies humides remblayées .
Et donc les pesticides auraient des impacts uniquement sur les insectes et l’avifaune, mais pour l’homme nan? Puisqu’on vous dit que c’est un peu comme le chocolat, c’est toxique pour le chien mais l’homme non…circulez.
Pineau, on peut interdire les pesticides mais dans ce cas il faut aussi interdire tout ce qui vient de l’étranger puisque tout le monde les utilise. 80% de la population française sera morte dans les 3 ans. Au moins avec les pesticides vous n’êtes pas sûr de mourir en tous cas pas dans les 3 ans.
Il serait possible d’abandonner les pesticides de synthèse et de passer entièrement à l’agriculture biologique pour nourrir tout le monde. Simplement, cela ne peut pas se faire du jour au lendemain et surtout cela demanderait une volonté politique forte, qui n’existe pas aujourd’hui.
Eléonore,sauf que le bio stagne,voir régresse et que les supermarchés sont approvisionnés de produits qui viennent du monde entier cultivés avec beaucoup moins de normes ,cela ne pourra se faire qu en interdisant ces produits qui venant d autres pays sont moins chers car main d oeuvre,taxes,ect inférieures que chez nous.c est pas pour demain.
Pour votre gouverne le bio utilisé en moyenne 3,8kg de pesticides anl’ha ,conventionnel 1,9 kg,essentiellement du souffre du cuivre dont les effets sur les insectes n’est plus a démontrer,ils utilisé aussi des insecticides qui sont aussi nocif que les insecticides de synthèse voire plus(le pyretre qui vient d’être renouvelé est aussi dangereux que les néonicotinoïdes)les solutions viendront certainement des NGT mais il faut un peut de temps.
Il n’est pas aisé de déconnecter l’agriculture, l’économie, l’indépendance alimentaire etc.. des bien faits ou méfaits des traitements les uns étant directement le miroir des autres. En ma qualité de chasseur pécheur, j’ai constaté depuis bien longtemps que les grandes plaines céréalières n’abritent quasiment plus d’insecte. Quand j’ai passé le permis nous achetions du demoustiquant, c’est quoi ce truc. C’était utilisé pour décoller les insectes des parties avant des véhicules.
Les oiseaux, tout les oiseaux ont besoin de se nourir d’insectes, les agriculteurs ont besoin de produire pour répondre à nos caprices, alors bon courage à ceux qui un jour décideront de démeller la pelotte.
Gilbert, agriculture,economie cent pour cent d accord mais il y a pire, loisir économie,j habite un zone touristique,pour en attirer un maximum on démoustique a tout va ,la nuit depuis l hélicoptère,le jour dans les prés salés avec des pulvérisateurs ect.soit disant avec des produits inoffensifs mais ceux qui les pulvérisent sont équipés de combinaisons et de masques.resultat plus de grenouille,de passereaux ect.avant les gens fesaient avec .