Procès Pilarski : Ellul admet la culpabilité de Curtis

Politique, règles et polémiques
date 05 mars 2026
author Léa Massey

Le deuxième journée du procès de Christophe Ellul, jugé pour homicide involontaire après la mort d’Elisa Pilarski, a été marquée par un moment de bascule inattendu à l’audience.

Confronté aux expertises scientifiques, le prévenu a fini par reconnaître que son chien Curtis était responsable de la mort de sa compagne. « Aujourd’hui je l’accepte et je le vois », déclare-t-il à la barre après la présentation des analyses comparant les empreintes dentaires du chien avec les blessures relevées sur le corps de la victime. « Madame la présidente m’a donné la preuve qu’il est coupable ». 

Jusqu’ici, Christophe Ellul avait soutenu la thèse d’une attaque de chiens de chasse présents dans la forêt ce jour-là. La reconnaissance intervient donc après plusieurs heures d’audience consacrées aux expertises et aux circonstances précises de l’attaque.

Mais ce basculement reste fragile. En fin d’audience, Ellul revient partiellement sur ses propos, exprimant de nouveaux doutes face au nombre de blessures recensées. « 56 morsures, pour un seul chien, est-ce que ça ne fait pas beaucoup ? », s’interroge-t-il devant le tribunal. 

Le débat sur la chronologie des faits

La procureure a longuement insisté sur la chronologie de la journée du 16 novembre 2019 afin d’écarter l’hypothèse d’une attaque par la meute de chasse à courre.

Selon l’accusation, les chiens de l’équipage n’auraient été sortis de leurs camions qu’à 13 h 20 environ, alors que le dernier appel d’Elisa Pilarski à son compagnon, signalant qu’elle était mordue, remonte à 13 h 18. Cette chronologie rendrait impossible l’implication initiale de la meute dans l’attaque. 

Le tribunal rappelle également que lorsque Christophe Ellul arrive sur les lieux dans la forêt de Retz, entre 14 h 10 et 15 h, la jeune femme est probablement déjà décédée, l’heure de la mort étant estimée autour de 13 h 30. 

Les expertises au cœur de l’audience

La journée a largement tourné autour des expertises vétérinaires et comportementales concernant Curtis.

Les analyses dentaires comparant la mâchoire du chien aux blessures observées sur le corps d’Elisa Pilarski ont été détaillées. C’est cette confrontation avec les données scientifiques qui a conduit le prévenu à admettre que son chien pouvait correspondre aux traces relevées.

Le tribunal a également examiné le comportement de l’animal après les faits. Curtis aurait mordu à deux reprises dans les jours suivant le drame : d’abord son propre maître lors d’une audition à la gendarmerie, puis une bénévole dans le chenil où il avait été placé. 

Les pratiques d’entraînement du chien

Autre point débattu : les activités pratiquées avec Curtis.

Interrogé par la cour, Christophe Ellul reconnaît avoir fait réaliser à son chien certains exercices proches du « mordant », notamment des exercices où l’animal attrape un objet suspendu. Il affirme toutefois ne pas avoir conscience que ces pratiques pouvaient être assimilées à un entraînement au mordant interdit pour ce type de chien en France. 

A lire aussi : Procès Pilarski : compte rendu du premier jour d’audience

Les experts décrivent pour leur part un chien capable de mordre spontanément et de maintenir la prise, un comportement qui pourrait expliquer la gravité des blessures.

Une audience marquée par l’émotion

L’audience a été ponctuée de moments de tension et d’émotion.

À un moment, Christophe Ellul éclate en sanglots à la barre alors que la présidente évoque les conclusions des expertises. Le prévenu répète qu’il n’avait jamais observé de comportement violent chez son chien auparavant.

Un échange tendu intervient également avec l’oncle de la victime, partie civile, venu l’interroger directement sur les derniers mots d’Elisa Pilarski lors de leur conversation téléphonique. 

Un procès dominé par la question du chien

Au terme de cette deuxième journée, le procès reste entièrement dominé par la question centrale : Curtis est-il l’auteur de l’attaque mortelle ?

Les expertises présentées à l’audience tendent à confirmer cette hypothèse, déjà soutenue par l’enquête judiciaire depuis plusieurs années. Mais les hésitations du prévenu montrent que l’acceptation de cette conclusion reste difficile pour lui.

L’audience a été suspendue en fin de journée. Elle doit reprendre le lendemain avec les dernières expertises, les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des avocats. 

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4 Commentaires :
  1. Pat22
    05/03/26

    Il le savait depuis le début que son chien était fautif , je pense .
    Après le jugement , il faudra que les anti chasse s’expliquer, ainsi que les politiques .
    On ne peut pas accuser sans preuves .
    Ces individus ne sont pas au dessus des lois .

    1. Marc
      05/03/26

      Bonjour , je pense même qu’il savait avant cette triste affaire que son chien était dangereux .

  2. gilbert
    05/03/26

    Est ce que STAN va venir sur un plateau TV pour admettre qu’il fut abjecte un soir de déclaration. Non seulement il a menti mais il a totalement manqué de respect à la victime et sa famille.
    Excusez-vous M Stan !

  3. Jean 2
    05/03/26

    Bonjour, il va falloir améliorer la loi sur ces chiens dangereux ,ainsi que les punitions !et il faut que les associations anti-chasse s’excusent,sinon la fédé devrait porté plainte

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