Quand Reworld Media tire… à blanc

Chasse Actu
date 17 octobre 2025
author Richard sur Terre

Le même groupe qui édite Le Chasseur Français publie un article expliquant que “les tirs en l’air peuvent être plus meurtriers que ceux qui visent une cible”. Ridicule et inquiétant.

On savait déjà que Reworld Media n’était pas à une contradiction près. Mais réussir à posséder Le Chasseur Français et publier dans le même temps un article intitulé “Chasse : les tirs en l’air peuvent être plus meurtriers que ceux qui visent une cible”, ça relève de la performance artistique. Ou de la méconnaissance absolue du sujet.

Parce que dans le monde réel — celui où l’on manipule des armes, où l’on connaît les règles élémentaires de balistique et de sécurité — personne ne tire “en l’air” pour le plaisir, ni “par tradition”. Ce réflexe folklorique n’a strictement rien à voir avec la chasse française. C’est un phénomène de célébration observé dans certains pays (Liban, Pakistan, Turquie…), comme le rappelle d’ailleurs l’article lui-même, après trois paragraphes d’effroi pseudo-scientifique.

De plus, à la chasse on ne « tire en l’air » que sur des oiseaux, et uniquement avec de la grenaille de plomb (ou substitut). Bien entendu au moment de la redescente, tout cela est parfaitement inoffensif. 

Mais peu importe la cohérence : il faut bien un titre anxiogène, avec “chasse” dedans. Et tant pis si la chasse n’a rien à voir avec le sujet.

Quand l’ignorance fait du clic

L’auteur mobilise Science & Vie, Slate, The Guardian et même PubMed Central pour démontrer une évidence physique : “ce qui monte redescend”. Merci pour le cours de gravité newtonienne.
Le tout pour conclure que “si vous entendez des tirs dans le ciel, mieux vaut vous mettre à l’abri”.
C’est profond.

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On ne saura jamais d’où vient cette obsession de plaquer sur la chasse des exemples venus du Moyen-Orient, ni pourquoi un article censé traiter de sécurité cynégétique se transforme en chronique sur les mariages turcs.

Mais on se demande, en revanche, comment Le Chasseur Français — racheté en 2019 avec tout le portefeuille Mondadori — réussit à exister dans un groupe qui préfère la peur au bon sens.

Un problème plus large : l’aseptisation des sujets

C’est tout le paradoxe de Reworld Media : afficher des magazines ancrés dans la ruralité, dans la nature, dans la vraie vie — tout en laissant d’autres rédactions produire des papiers hors-sol, rédigés à distance, sans culture ni terrain.

Résultat : des “articles” qui traitent de la chasse comme d’un rituel primitif, à coups de citations copiées-collées, sans la moindre vérification de contexte.

On ne demande pas à tout journaliste d’avoir un permis de chasser. Mais on peut espérer qu’un groupe de presse, qui tire ses revenus d’un lectorat rural, évite au moins de le ridiculiser.

Ce qui monte redescend, en effet

À force de mépriser ceux qui vivent sur le terrain, les grands groupes de presse s’étonnent de perdre leur crédibilité. Alors oui, ce qui monte redescend : les balles, les clics faciles, et parfois la confiance du public. La différence c’est qu’à la chasse, on apprend justement à ne jamais tirer sans raison.

A voir en vidéo :

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2 Commentaires :
  1. Jean 2
    17/10/25

    Bonjour,encore un poisson d’avril de leur part,ou alors de l’ignorance ,ou un manque d’inspiration du journaliste devant en vitesse faire un article avec le mot « chasse » pour pas se faire licencier.,hé Oui, tout fout le camp !Le niveau baisse.

  2. Damien
    17/10/25

    J’ai lu cet article en début de semaine, mais sur un autre site, et ça ne parlait jamais de la chasse, ni dans le titre, ni dans le texte, seulement des traditions au moyen Orient de tirer des balles en l’air. C’est donc le site  » mon jardin  » qui a repris cet article, et qui a rajouté le mot chasse pour faire du clic / buzz !!!

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