Édito — Oui le pragmatisme des chasseurs va sauver le Tetra Lyre

Chasse Actu
date 24 septembre 2025
author Richard sur Terre

En Isère, les chasseurs restaurent l’habitat du tétras-lyre. Une action concrète, financée et réalisée, que les naturalistes réduisent à une prétendue contradiction morale.

« On favorise la biodiversité pour la tuer par plaisir. » La formule claque, elle choque, elle indigne — mais elle ne résiste pas deux secondes à l’épreuve du réel. En Isère, la Fédération départementale des chasseurs s’est engagée, avec la Région et le Parc du Vercors, dans un chantier de restauration des habitats du tétras-lyre. Résultat : 700 000 euros investis, des paysages rouvert s pour éviter l’étouffement des biotopes, des conditions recréées pour que l’oiseau survive et prospère. Et voilà que certains, la bouche en cœur, dénoncent l’entreprise parce qu’elle a aussi pour finalité… la chasse.

La vérité est pourtant simple. Si le tétras-lyre bénéficie aujourd’hui d’un suivi minutieux, de diagnostics scientifiques, de travaux lourds financés et réalisés, ce n’est pas parce que les tribunes antispécistes se sont multipliées. C’est parce que des chasseurs, pragmatiques, ont choisi de consacrer temps, argent et sueur à la préservation d’un oiseau qu’ils aiment — oui, qu’ils aiment — au point de vouloir continuer à le chasser. Et pour le chasser, il faut d’abord qu’il existe.

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Les procès en hypocrisie relèvent d’un confort intellectuel : il est plus facile de caricaturer la chasse en caprice mortifère que de reconnaître cette évidence dérangeante : la pérennité de nombreuses espèces tient à l’engagement concret des chasseurs. Qu’on le veuille ou non, la gestion cynégétique repose sur une logique de long terme. On restaure les habitats, on suit les populations, on adapte les prélèvements. Est-ce du « plaisir » ? Bien sûr. Mais c’est surtout du travail. Et ce travail, sans lui, que deviendrait le tétras-lyre ?

La polémique en Isère révèle un fossé culturel : d’un côté, ceux qui crient à la contradiction, armés de slogans. De l’autre, ceux qui mettent les mains dans la terre, pilotent des pelles-araignées et paient des études écologiques pour que l’oiseau continue de chanter sur les crêtes du Vercors. À choisir entre l’incantation et le pragmatisme, les tétras-lyres, eux, n’ont aucun doute sur qui leur est le plus utile.

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4 Commentaires :
  1. quentin
    24/09/25

    D’habitude ils confondent individu et espèce, là c’est carrément individu et bio-diversité !
    L’action vise à entretenir des milieux pour qu’ils restent ouverts et profitent ainsi, entre autres, aux tétras.
    L’objectif final est effectivement de pouvoir chasser quelques individus et pour cela il faut que l’espèce se porte bien.
    L’espèce (ici tétra lyre) va donc profiter de l’action (donc la biodiversité également). Et les chasseurs vont profiter de quelques oiseaux sauvages et font partie d’une population qui n’auraient même pas exister autrement !
    Ceci dit, rien n’empêche les non-chasseurs de mener aussi des actions de leur côté. On a bien compris que leur idéologie les empêche de participer aux actions des chasseurs, mais il reste bien d’autres chantiers possibles. Mais attention, juste interdire la chasse et laisser faire la nature ça profite avant tout aux espèces qui sont capables de profiter d’un tel système, notamment ceux qui n’ont pas de prédateur et/ou une grosse capacité à se reproduire…
    Au passage : pourquoi le milieu se ferme ? Qu’a t’on ajouté ou supprimé pour qu’un milieu jadis ouvert se boise ? Qu’est ce qui réduit la biodiversité en favorisant la fermeture des milieux ? Sûrement pas l’action des chasseurs !

    1. Philippe
      24/09/25

      Il suffit de supprimer le pastoralisme pour que les milieux se referment. Ou de le rendre tellement difficile pour que les bergers abandonnent.

  2. serge
    26/09/25

    En attendant, les points d’eau, les haies, le nourrissage des animaux (faisans perdrix et tout ceux qui voudront piquer dans la gamelle) sont assurés par les chasseurs. Pas beaucoup d’écolo en renfort pour porter le matériel.

  3. Annie
    30/09/25

    Pour avoir des grands tétras il faut interdire le ski de fond qui les dérange y compris au moment des chants pour la reproduction.

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