À force de penser l’écologie à coups de pourcentages et d’objectifs nationaux, on en vient à oublier ce qui devrait pourtant en être le cœur : le vivant, les milieux, les équilibres. La transition énergétique française en offre une illustration de plus en plus embarrassante.
Depuis une dizaine d’années, le débat écologique s’est déplacé. Il ne s’agit plus vraiment de protéger la nature, mais d’atteindre des seuils : tant de gigawatts installés, tant de pourcents d’énergies renouvelables, tant d’hectares couverts. L’écologie est devenue un tableur Excel. Le terrain, lui, passe au second plan.
La récente condamnation d’un exploitant éolien pour destruction d’espèces protégées vient fissurer ce récit bien huilé. Pour la première fois, la justice reconnaît que l’exploitation d’énergies dites « vertes » peut constituer une atteinte pénale directe à la biodiversité. Un signal faible, mais lourd de sens.
Sur le causse d’Aumelas, zone Natura 2000, des éoliennes ont été implantées dans un territoire reconnu pour sa richesse ornithologique. Résultat : des dizaines d’oiseaux et de chauves-souris protégés retrouvés morts, et une réalité probablement bien plus lourde que les chiffres officiellement recensés. Ce n’est pas un accident isolé. C’est la conséquence logique d’un choix d’implantation dicté par la carte et non par l’écosystème.
Le plus révélateur dans cette affaire, c’est l’origine de la contestation. Elle ne vient pas de chasseurs, ni de riverains caricaturés en réactionnaires, mais d’associations environnementales elles-mêmes. France Nature Environnement n’attaque pas l’éolien par principe, mais une méthode : celle qui consiste à plaquer des infrastructures industrielles lourdes sur des milieux naturels sensibles, en espérant que l’étiquette « renouvelable » suffira à absoudre le reste.
A lire aussi : Éoliennes tueuses : la justice passe
Le même aveuglement se retrouve dans le photovoltaïque. Là encore, la communication officielle parle de neutralité, de coexistence harmonieuse, parfois même de « refuges pour la biodiversité ». Le terrain raconte une autre histoire : défrichements massifs, destruction des sols, perturbation des insectes pollinisateurs, fragmentation des habitats par les clôtures. Une écologie de la surface, qui oublie tout ce qui vit dessous.
Le projet Horizeo, en Gironde, pousse cette logique à son paroxysme. Raser des centaines d’hectares de forêt pour produire une électricité dite verte : difficile de trouver meilleure illustration de l’absurdité actuelle. Même le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu a fini par reconnaître que ce type de mégaprojet ne correspondait pas à l’esprit de la loi censée accélérer les renouvelables. Quand le politique recule, c’est que le décalage devient impossible à masquer.
Ce que révèlent ces dossiers, ce n’est pas l’échec des énergies renouvelables en tant que telles, mais l’échec d’une écologie idéologique, déconnectée du vivant. Une écologie qui raisonne en volumes, en surfaces et en objectifs climatiques globaux, sans jamais regarder les conséquences locales, concrètes, irréversibles.
Protéger le climat en détruisant des écosystèmes n’a rien d’une victoire écologique. C’est un arbitrage cynique, qui oppose artificiellement deux combats pourtant indissociables. La biodiversité n’est pas une variable d’ajustement temporaire. Elle est la condition même de toute écologie crédible.
À force de vouloir verdir l’industrie à marche forcée, on finit par industrialiser l’écologie elle-même. Et quand l’écologie devient un secteur productif comme un autre, elle cesse d’être une protection du vivant pour devenir une case qu’on coche. Une case qu’on pourra ensuite convoquer sur un plateau télé lors d’une campagne électorale.
A voir en vidéo :











L’écologie est maintenant un business comme un autre, le profit à pris le pas sur le reste et les gesticulations de plusieurs députés déconnectés n’y feront rien. Il y a tant à gagner avec une écologie réfléchie et concertée. A la place de discuter nous sommes assommés de règles d’amendes de taxes… Et nous passons à coté du principal. Posez vos obsessions et écoutez, discutez échangez et peut-être serez vous pris au sérieux.
Et encore, l’article ne parle que des problèmes causés sur le lieu d’implantation de ces technologies « vertes ».
Si on commence à regarder les conséquences de la production de ces mêmes technologies (extractions de métaux et terres rares, exploitation des personnes tout au long de la chaîne de production etc…) on est dans un beau carnage écologique et humain.
Au pied de chaque éolienne,un socle en béton indestructible,en hollande les jours de migration elles sont arrêtées pour limiter l impact sur les oiseaux.leur rentabilité reste à démontrer ,ne fonctionnent qu entre trente et quatre vingt kilomètres heure de vent.la société qui les construit donne de l argent a certaines ong pour qu elles se taisent.mais très virulentes par exemple pour défendre le Cormoran. bizzare !