Gironde : un charnier de sangliers en forêt

Chasse Actu
date 19 février 2026
author Léa Massey

Des dizaines de restes de sangliers abandonnés en forêt dans le Médoc. L’affaire choque les chasseurs eux-mêmes. Au-delà de l’image, c’est une question de responsabilité sanitaire et morale.

Au Temple, en Gironde, des chasseurs tombent en début de semaine sur un spectacle qu’aucun d’entre eux ne souhaite voir associé à la chasse : têtes de sangliers, ossements, viscères, boyaux, le tout abandonné en pleine forêt. Des traces de pneus larges suggèrent un transport volontaire. Plusieurs dizaines d’animaux seraient concernés.

L’alerte vient de chasseurs à la bécasse, intrigués par l’insistance de leur chien autour des charognes. Sur place, le constat est clair : ces restes n’ont rien à faire là. Le signalement à l’Office français de la biodiversité est annoncé. Pas pour régler des comptes. Pour faire cesser une pratique.

Des solutions existent. 

En Gironde, la Fédération départementale des chasseurs a déployé depuis 2019 un réseau de bacs de collecte dédiés aux déchets de venaison. Accès sécurisé, consignes strictes, enlèvement par un prestataire d’équarrissage agréé. Pour la saison 2024-2025, 44 points ont permis de traiter 465 tonnes de déchets.

A lire aussi : 60 cadavres de canards balancés comme des ordures

Cela signifie que la très grande majorité des chasseurs jouent le jeu. Ils chargent les bacs, respectent les consignes, enlèvent le plastique, ferment les couvercles. Ce n’est ni spectaculaire ni héroïque. C’est normal.

L’image, le fond, et notre exigence

Nous ne sommes pas naïfs. Les opposants à la chasse s’empareront de ces images. Les têtes alignées, les viscères au sol, la forêt transformée en dépotoir : le symbole est trop facile. Ce sera brandi comme preuve d’une brutalité généralisée.

La réponse n’est pas de nier. Elle est d’être plus exigeants que nos critiques.

La chasse repose sur une légitimité fragile : celle d’une gestion responsable de la faune, d’un prélèvement encadré, d’une viande consommée, et d’un territoire entretenu. Cette légitimité ne supporte pas les entorses grossières. Un tas de boyaux jetés dans les pins suffit à fissurer des années d’efforts pédagogiques.

Dans une commune comme Le Temple, où la forêt est majoritairement privée et la pratique structurée autour d’une union de propriétaires et chasseurs, la responsabilité individuelle est encore plus visible. Les plans de chasse sont validés par la Fédération. L’organisation existe. Les outils existent. L’excuse n’existe pas.

Ce que nous devons dire clairement

On peut défendre la chasse avec vigueur. On peut contester les caricatures. On peut argumenter face aux attaques idéologiques. Mais on ne peut pas demander le respect si l’on ne respecte pas nous-mêmes les règles élémentaires d’hygiène, de droit et de décence.

Au Temple, des chasseurs ont levé le doigt et dit : stop. C’est comme ça qu’on protège la chasse.

A voir en vidéo :

Partager cet article
11 Commentaires :
  1. Wachbar
    20/02/26

    On peut en débattre…
    Notamment relativement aux quantités manifestement déversées dans ce cas précis.
    Mais n’omettons pas de préciser que la loi nous autorise à le faire pour des volumes atteignant 40 kg. Cela profite d’ailleurs à tout un tas de charognards et à une certaine microfaune.

    Ne s’agirait-il pas en l’occurrence d’une guéguerre entre bécassiers et chasseurs de sangliers ? Car très franchement, quel intérêt y-a-t-il, entre chasseurs, à porter à la connaissance du grand public, via les médias, une telle (non) histoire ?
    Se battre la coulpe ou régler des comptes. Je ne vois que ça.

    1. Drago
      20/02/26

      Oui ça peut être une guéguerre , mais il ne faut pas faire l autruche nous avons dans nos rangs quelques gros dégueulasses , comme partout.

      1. Marc
        20/02/26

        Bonjour Drago , je suis bien d’accord avec vous .

      2. François Wachbar
        20/02/26

        En effet mais là, en l’occurrence, on ne sait même pas qui est à l’origine de ce dépôt.

  2. Bleizig
    20/02/26

    Les amoureux de la nature et de la chasse…

    1. Drago
      20/02/26

      Oui comme les fumeurs avec les mégots de cigarettes , les promeneurs avec les papiers , les vacanciers avec leurs ordures sur les airs de repos et les plages etc…. des amoureux de la nature aussi !!!

  3. patrick
    21/02/26

    Attention, il y a des lieutenants de la louveterie qui tuent et laissent les animaux sur place.

    1. Leclercq Christophe
      26/02/26

      Bonjour, oui et c’est bien loin de montrer le bon exemple pourtant ils sont en première ligne vu ce qu’ils abattent chaque nuit ou en battue administrative dans certaines régions notamment en îles de France. Des centaines. Bref

  4. Tiberti
    21/02/26

    Je n y vois rien de choquant.
    Poussiere tu redeviendras poussiere.
    L incinération de ces dechets est elle non-poluante ? Et le carburant utilisé pour cela?
    Tous les animaux sauvages qui meurent naturellement sont recyclés par la nature.
    Ces carcasses le seront aussi si elles sont au milieu des bois et loin des habitations, ca ne devrait déranger personne !

    1. Jean 1
      21/02/26

      Assez d accord avec vous,mais on peut le faire intelligemment,faire en sorte que personne ne tombe dessus,faire un trou ou le mettre dans les bacs disposés par la fédé.si ce sont des chasseurs qui l ont dénoncé,pas très futé.,

  5. houlotte
    23/02/26

    Il faut garder la possibilité de vider un animal sur place et de déposer en forêt de petites quantités. C’est autorisé, écologique et sans risque sanitaire. Mais il faut être intelligent et ne pas laisser cela au bord d’un chemin.

Soumettre un commentaire

Dans la même catégorie

Articles les plus récents