Deux pavillons de chasse réduits en cendres 

Anti-chasse
date 11 septembre 2025
author Léa Massey

Deux pavillons de chasse ont été ravagés par les flammes en moins de 48 heures dans la forêt de Raismes-Saint-Amand-Wallers. Les enquêteurs privilégient l’hypothèse d’incendies volontaires.

À Raismes, tout est parti en fumée. La maison forestière de Nivelle, bâtie au XIXe siècle et louée depuis plus de vingt ans par la société de chasse locale, n’est plus qu’un amas de gravats et de poutres calcinées. Moins de 24 heures plus tard, une seconde bâtisse, occupée par une société voisine d’Escautpont, a subi le même sort. Deux pavillons détruits, deux nuits consécutives, deux départs de feu aux caractéristiques similaires : pour les enquêteurs de Valenciennes, la piste criminelle ne fait guère de doute.

Un lieu de mémoire réduit en cendres

Pour les chasseurs, la douleur est immense. « C’est plus qu’un relai de chasse pour nous, c’était un lieu de convivialité et d’amitié », confie Patrick, chasseur de Raismes. Mariages, baptêmes, anniversaires, souvenirs partagés avec des anciens aujourd’hui disparus : le pavillon était un lieu de vie autant que de chasse. « C’est une partie de ma vie qui s’en va », lâche-t-il, abattu, devant les murs noircis encore fumants.

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Patrick Lemere, vice-président de l’association, décrit la scène avec émotion : « On se réunissait à cinquante dans cette salle, autour de la cheminée. Aujourd’hui il ne reste que les briques calcinées. Quand on voit l’état des poutres, il est clair que le feu a été mis aux extrémités. »

Une enquête ouverte, l’ONF partie civile

L’Office National des Forêts, propriétaire des deux pavillons, a porté plainte pour vol et dégradation par incendie. Les forces de l’ordre restent prudentes quant au mobile. Cambriolage, vandalisme ciblé, ou volonté d’atteindre directement les chasseurs ? Rien n’est écarté à ce stade.

Un climat délétère

Au-delà du drame matériel, ces incendies s’inscrivent dans un climat tendu. Depuis plusieurs années, les lieux de chasse – cabanes, véhicules, miradors – font l’objet d’attaques et de dégradations répétées. À Raismes comme ailleurs, ces actes nourrissent un sentiment d’insécurité croissant chez les chasseurs. « On ne touche pas seulement à des murs », souffle un adhérent, « on attaque une part de notre patrimoine, de notre culture et de notre histoire commune ».

L’enquête devra dire si ces deux pavillons ont été les victimes de simples criminels opportunistes… ou d’un ciblage plus idéologique. En attendant, dans le Nord, deux sociétés de chasse pleurent la disparition de leurs maisons de vie.

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1 Commentaire :
  1. serge
    15/09/25

    Le pavillon ou la cabane de chasse c’est plus que le lieu où se réunis le matin une bande assoiffée de sang. C’est un espace de liberté et de convivialité avec souvent des cris d’enfants les yeux rivés sur les sangliers chevreuils chiens et tartes qui clôturent une journée de franche camaraderie. C’est le début de souvenirs qui seront gravés à vie et qui seront convoqués lors du départ des plus anciens, c’est un lien social et nous en manquons. C’est certain c’est autre chose que 3 heures passées devant X ou un autre réseau.

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