Pour raconter la chasse à courre, certains médias choisissent de s’immerger… auprès de ceux qui veulent l’interdire. Une méthode originale.
Il y a parfois, dans la presse locale, des petits moments de grâce journalistique : « Immersion dans une chasse à courre aux côtés des militants anti-chasse d’AVA Retz ». On ne connaît pas la suite — article réservé aux abonnés. Quel dommage ! Ca partait si bien !
Pour s’immerger dans une chasse à courre, L’Union a donc choisi de se placer… derrière ceux qui passent leurs week-ends à tenter de la faire interdire. On imagine les reportages ethnographiques futurs : immersion dans un élevage extensif avec L214, ou chez LFI avec des militants zemmouriens.
C’est sans doute le meilleur moyen de découvrir un monde : le regarder à travers les yeux de ceux qui ne le supportent pas.
Le chapô souffle d’ailleurs déjà la fin de l’histoire : « À la fin de la chasse, le ton est monté avec les veneurs. » Ah bon ? Vraiment ? On est sciés. Partir une journée entière en accompagnant des militants dont l’objectif déclaré est de perturber une chasse, puis constater qu’« à la fin », il y a eu des tensiosn… Voilà ce qu’on appelle un twist improbable.
A lire aussi : Chasse à courre : Hugo Clément « tombe des nues »
Le lecteur non abonné restera donc sur sa faim, condamné à imaginer ce qu’il n’a pas pu lire. On ne saura pas ce qui s’est réellement passé, ni comment l’échange s’est terminé. Il ne restera que cette impression fabriquée : la chasse à courre, ça finit forcément mal.
Il y a dans cette façon de raconter une chasse sans la regarder une forme de cohérence, finalement. On ne filme pas la traque, on ne décrit pas les chiens, le travail des chevaux, les règles, l’équipage, la forêt, la culture : on s’immerge dans la contestation. C’est un choix éditorial. C’est aussi un récit orienté, qui fabrique une perception. C’est en tout cas aux antipodes de l’information.
A voir en vidéo :











Ce n’est que du militantisme comme ce journal en déjà fait étalage, peu importe le sujet, le rouge employé pour son nom n’est pas usurpé !
Bonjour, du journalisme » au rabais » ?
Un futur bon candidat au label média
Je me demande si un certain parti pris n’est pas présent dès le début du reportage.
Ce n’est qu’une convergence des luttes contre la chasse, la pêche, les traditions.
Je plussoie le commentaire de Billabong. On est face à des bolcheviks sous couvert de pseudo écologie.
Il n’y a aucune clairvoyance à associer chasse, pêche et tradition dans un même slogan, bien au contraire. La tradition s’accommode fort bien de la modernité quand ça l’arrange : il suffit de détailler l’équipement actuel de nos pêcheurs-chasseurs. La chasse à courre se drape quant à elle dans une légitimité qui date de plusieurs siècles… Le fait est que nous vivons dans un monde que nous avons déséquilibré, en profondeur. Il s’agit bien moins, selon moi, de débattre d’opinions, que d’ouvrir les yeux sur la réalité et d’avancer ensemble, et non pas les uns contre les autres.