La Fondation Brigitte Bardot se constitue partie civile après le massacre de brebis à Tarnos. Un réflexe juridique louable qui ne se manifeste jamais quand les crocs remplacent le couteau.
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— Daniel Raposo (@DR_FBB_64) May 19, 2026
Des brebis retrouvées oreilles coupées, ventre ouvert au couteau, agnelles tuées à coups de tournevis : l’acte est cruel et stupide, et la Fondation Brigitte Bardot a annoncé se constituer partie civile. Soit. C’est son rôle, c’est son droit, et personne ne contestera que de tels faits méritent une réponse judiciaire.
Mais une question s’impose, que la FBB ne pose jamais : qu’est-ce qui distingue cette souffrance de celle d’une brebis éventrée vivante par un loup, abandonnée dans un pré des Alpes ou des Pyrénées après une attaque nocturne ? La douleur est identique. L’agonie aussi. Les photos de prédation, quand elles existent, ne sont pas moins insoutenables. En 2024, le bilan officiel recense 3 831 attaques de loup en France, causant environ 10 524 bêtes tuées indemnisables. Les attaques ont augmenté de 4,6 % au niveau national, entraînant une hausse de 10,6 % des victimes. Les ovins concentrent 80 % de ces attaques. Ces chiffres sont ceux du ministère. La FBB ne s’en est pas émue.
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La différence n’est pas dans l’animal qui souffre. Elle est dans celui qui tue. Quand l’auteur est humain, la FBB monte au créneau. Quand il est canidé protégé, la souffrance animale cesse curieusement d’être un sujet. Le loup bénéficie d’une immunité morale que n’a pas l’homme. Non parce que sa violence est moindre, mais parce qu’il est devenu un totem idéologique pour les milieux dont la FBB partage les convictions profondes.
Ce deux poids deux mesures ne disqualifie pas l’indignation face aux faits de Tarnos. Il en révèle simplement les limites : une éthique de la souffrance animale qui ne s’applique qu’à géométrie variable n’est pas une éthique. C’est une posture.
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Il y a vraiment des dégueulasses !
N.B. : Je suis d’accord avec le billet de Richard.
La raison est simple et ne tient pas à la différence entre les auteurs mais à la différence entre les motifs et les circonstances. D’un côté, un acte moralement indéfendable, sans aucune justification. De l’autre, un animal sauvage qui tue pour se nourrir, par nécessité vitale.