À Sula Sgeir, une poignée d’hommes tue des poussins de fous de Bassan depuis quatre cents ans. Des organisations londoniennes veulent les arrêter. Le scénario est familier.
Gannets raise just one chick a year, but the Guga hunters kill them for a sick tradition. This has to stop. pic.twitter.com/hLUQFimALu
— Protect the Wild (@ProtectTheWild_) June 7, 2026
Sula Sgeir est un rocher de l’Atlantique Nord, à soixante kilomètres au large de Lewis. Pas de route, pas d’habitant permanent. Chaque été, dix hommes de Ness font la traversée, campent sur place et tuent des poussins de fous de Bassan (les guga) selon une méthode transmise depuis le XVIe siècle. La chair est salée, consommée localement, et considérée comme un marqueur d’identité dans cette communauté des Hébrides extérieures. Le prélèvement est encadré par une dérogation explicite du Wildlife and Countryside Act britannique, soumis à licence annuelle de NatureScot, l’agence gouvernementale écossaise pour la nature.
En 2025, après deux années d’épizooties de grippe aviaire, NatureScot a réduit le quota de deux mille à cinq cents oiseaux et imposé des conditions de mise à mort. Une demande de licence pour 2026 est en cours d’instruction.
OneKind et la League Against Cruel Sports demandent aujourd’hui une « suppression progressive ». Protect the Wild publie un sondage affirmant que 77 % des Écossais ayant exprimé un avis soutiennent l’interdiction (sondage commandité par l’organisation elle-même et formulé pour produire ce résultat). La plus grande pétition jamais soumise au parlement écossais réclame la fin de la chasse. Des appels téléphoniques menaçants ont été passés depuis le sud-est de l’Angleterre vers des habitants de Ness : la police a été saisie.
Le Scottish Seabird Centre a rendu en mai 2026 un rapport recommandant la fin définitive de la licence, au motif que les preuves d’absence d’impact sur la colonie sont insuffisantes. NatureScot maintient que sa décision sera fondée sur les données scientifiques disponibles et pas sur l’arbitrage moral.
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Ce dispositif, les chasseurs français le connaissent dans ses moindres détails. Une pratique traditionnelle, légalement encadrée, exercée par une communauté rurale périphérique. Une pression médiatique construite sur l’émotion (on parle de poussins). Des sondages produits par les parties prenantes elles-mêmes, présentés comme reflet de l’opinion publique. Des organisations dont le siège social est à des centaines de kilomètres de la pratique qu’elles entendent abolir. Et la même formule rhétorique finale : la tradition ne justifie pas la cruauté.
Ce que OneKind dit aux pêcheurs de Ness, l’ASPAS le dit aux chasseurs français. L’outil change, mais pas le structure : délégitimer d’abord la pratique sur le terrain moral, contourner ensuite le cadre légal par la pression politique.
À Sula Sgeir, dix hommes attendent leur licence. Ils seront peut-être les derniers. La chasse à la glu provençale a disparu en 2021 sous pression européenne, sans que personne à Bruxelles n’ait la moindre idée de ce qu’elle fut. Le guga suivra le même chemin, ou il ne le suivra pas. Ce qui est certain, c’est que la décision ne sera pas prise à Ness.
A voir en vidéo :










Bonjour, depuis 400 ans il y a prélèvement et la colonie est toujours là ,sans preuve d’
impact sur la colonie d’un sens ou de l’autre(ou sont les études?), et gérer(quota abaissé)suite à la grippe aviaire, trop d’oiseaux au même endroit ce n’est pas bon, facteurs de contamination, donc en prélevés un peu ne peut être que bénéfique à mon avis,comme d’habitude on joue sur la sensiblerie ,ce n’est pas nouveau !autre chose ,des oiseaux qui ne mangent que du poisson, j’ai un doute sur le goût (,appréciation personnelle )
Face à la sensiblerie, il n’y a, malheureusement, pas d’arguments qui tiennent !
Il n’y a eu personne pour défendre les quelques dizaines de chasseurs à la glu , y aura-t-il quelqu’un pour prendre le partie de ces quelques personnes qui essaient de maintenir une tradition elle aussi ancestrale ? J’en doute ! Comme Jean 2 , j’ai de gros doutes le le côté gustatif de ces oiseaux , à moins que la salaison masque le gout de poisson .