En Isère, un défenseur engagé de la mise en zone naturelle d’un site voit aujourd’hui son terrain affecté par des barrages de castors. La nature protégée applique désormais le programme sans amendement.
Il s’était battu pour que le site soit classé en zone naturelle. Il plaidait pour davantage de liberté laissée au vivant, pour que l’espace échappe aux logiques d’artificialisation, pour que la nature retrouve ses droits. Bon ça s’est pas tout à fait passé comme prévu.
Le Castor n’a pas lu les tribunes, et n’a pas assisté non plus aux réunions publiques. Il a simplement constaté qu’on lui offrait un cadre favorable. Des berges tranquilles, des saules à portée d’incisives, un cours d’eau à ralentir. Il a fait ce qu’un castor fait : il a construit.
Un barrage se forme. L’eau s’accumule, s’étale, cherche son niveau. Elle ne distingue ni militant convaincu ni voisin sceptique. Elle monte avec une impartialité remarquable.
On voulait un espace libéré de l’ingérence humaine. Il est désormais soumis à l’ingénierie animale.
Le réensauvagement, dans les dossiers, évoque des trames écologiques et des continuités biologiques. Dans la vraie vie, on patauge.
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Le Castor fiber bénéficie d’une protection stricte. On ne démonte pas son ouvrage à la première contrariété. Autorisations, encadrement, expertise. L’animal est dans son droit. Juridiquement et biologiquement.
La zone naturelle a parfaitement fonctionné. Elle a permis à une espèce protégée d’exercer pleinement sa fonction écologique. Le site n’est plus seulement protégé sur le papier, il est transformé en profondeur. La promesse a été tenue.
On imagine souvent la nature comme une valeur à défendre. On la découvre ici comme une force à absorber. Le castor a pris la clause “retour du sauvage” au pied de la lettre et il l’a appliquée avec le sérieux d’un ingénieur hydraulique.
En Isère, la nature est redevenue autonome. On assume donc en bottes.
A voir en vidéo :











la nature se régule toute seul ….oui mais sans les humains qui ne savent s’adapter