En Maine-et-Loire, le dossier des choucas ne s’est pas effondré en un jour. Depuis 2022, les mêmes failles reviennent : dégâts mal établis, alternatives insuffisamment étudiées, avis scientifiques défavorables répétés.
Victoire ! Le 14 avril 2026, le tribunal administratif de Nantes a définitivement annulé l’arrêté du 4 mai 2022 qui autorisait le massacre de 635 choucas des tours en Maine-et-Loire. Le juge le confirme : les solutions alternatives existent, les tirs sont contre-productifs.
— One Voice (@one-voice.fr) 17 avril 2026 à 15:32
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L’histoire ne commence pas avec le post triomphal de One Voice. Elle commence avec un arrêté préfectoral pris au printemps 2022 pour autoriser la destruction de choucas des tours en Maine-et-Loire. À l’époque, le chiffre avancé est celui-là : 635 oiseaux sur 26 communes, avec tir ou piégeage jusqu’au 30 juin. Le tribunal administratif de Nantes avait alors validé en référé ce dispositif, ce qui avait permis à l’administration de tenir sa ligne.
Le problème, c’est que le dossier portait déjà des fragilités évidentes. En 2022, le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel des Pays de la Loire rend un avis défavorable. Le document pointe des dégâts déclarés sans assise vraiment robuste, l’absence de réponse sérieuse à des critiques déjà formulées l’année précédente, et un travail trop léger sur les solutions alternatives. Surtout, il rappelle que les retours bretons disponibles à ce moment-là ne permettaient pas de soutenir tranquillement que les tirs réglaient le problème.
Le même dossier revient, avec les mêmes trous
Deux ans plus tard, l’administration revient pourtant avec un nouvel arrêté. En 2024, la préfecture de Maine-et-Loire autorise encore des destructions, cette fois à hauteur de 379 choucas maximum sur 17 communes. Le texte officiel prend soin de mentionner l’existence d’alternatives passives, comme l’obturation des cheminées, tout en expliquant qu’elles ne suffiraient pas toujours. Mais le simple fait que ces précautions soient répétées noir sur blanc montre bien où se situe désormais le point de rupture juridique : il ne suffit plus d’invoquer des dégâts, il faut démontrer que d’autres voies ont été réellement examinées.
Le CSRPN, lui, ne change pas de diagnostic. En juin 2024, il juge encore le dossier trop faible sur le plan scientifique. Il s’interroge sur le lien réel entre les destructions autorisées et une baisse effective des dommages. Il demande une évaluation coûts-bénéfices, des tests sérieux sur les alternatives, et une méthode plus solide. En 2025, le ton ne se détend pas. L’avis rendu parle de suivis “très critiquables”, d’un nombre de choucas tués “très opaque”, d’une estimation des dégâts “très approximative”, et d’une absence persistante d’expérimentations concrètes sur les solutions non létales.
On peut raconter l’affaire de mille façons. La plus simple reste la plus juste : le dossier administratif a continué d’avancer sans avoir vraiment réparé ce qui lui était reproché.
La jurisprudence a durci le terrain
En décembre 2024, la cour administrative d’appel de Nantes annule trois arrêtés bretons relatifs aux choucas des tours. La cour ne nie pas l’existence de dommages agricoles, mais les préfets n’ont pas démontré de façon suffisante l’absence de solution alternative satisfaisante. Elle s’appuie notamment sur une étude universitaire de 2022 et sur les avis du CSRPN Bretagne, qui mettaient en avant des pistes durables comme l’obstruction des cheminées ou la réduction de l’accès à certaines ressources alimentaires.
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Dans ce type de contentieux, l’administration est attendue sur la qualité de son dossier, sur la preuve, sur la méthode, et sur la démonstration. C’est là que les arrêtés tiennent ou tombent.
One Voice récolte, mais l’État a semé
C’est dans ce cadre qu’intervient la communication de One Voice autour du jugement du 14 avril 2026 concernant l’arrêté du 4 mai 2022 en Maine-et-Loire. L’association affirme que cet arrêté a été “définitivement annulé” et met en avant l’insuffisance des preuves de dégâts significatifs, l’absence d’étude réelle des alternatives et l’absence de justification scientifique sérieuse. Le texte intégral du jugement n’a pas été retrouvé dans les sources librement accessibles consultées, ce qui interdit d’attribuer mot pour mot au tribunal l’ensemble des formules relayées dans cette communication. Mais la logique d’ensemble, elle, n’a rien d’exotique au regard de ce que disent depuis des années les avis scientifiques et la jurisprudence récente.
Il faut donc éviter deux erreurs. La première serait de reprendre sans filtre la victoire militante telle qu’elle est mise en scène. La seconde serait de faire comme si cette victoire sortait de nulle part. Elle prospère sur une faiblesse persistante du dossier public.
One Voice n’a pas fabriqué les trous du raisonnement administratif. Elle les exploite.
Une bataille loin d’être terminée
D’ailleurs, le contentieux n’a rien clos. Fin mars 2026, une consultation publique a de nouveau été lancée en Maine-et-Loire pour des destructions de choucas sur 33 communes du nord du département. Dans le même temps, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de Maine-et-Loire ont défendu une demande de 1 500 prélèvements sur trois ans, en avançant plus de 53 000 euros de dégâts pour 2025. Le bras de fer continue donc, mais sur un terrain devenu plus exigeant qu’avant.
C’est le fond de l’affaire. Le camp animaliste n’a pas seulement gagné des points en justice ou en communication. Il a bénéficié d’un adversaire public qui, depuis 2022, ne parvient pas à blinder sérieusement son argumentaire. Quand un dossier repose sur des dégâts contestés, des alternatives mal documentées et des avis scientifiques défavorables empilés d’année en année, il finit par offrir lui-même des prises à ceux qui veulent le faire tomber.
A voir en vidéo :











One Voice, les mêmes qui ont attaqué la chasse NON LETALE de la palombe ou de l’alouette aux pantes au motif qu’il existe une alternative LETALE (le fusil), ce qui interdirait la dérogation européenne au titre de « chasses traditionnelles ».
Bref, suivant l’angle d’attaque, tuer c’est bien ou … pas bien.
Dans les 2 cas, c’est la faiblesse juridique de l’Etat qui est utilisée par l’adversaire.
La faiblesse du dossier de l’état tous les ans est il lié à une incompétence des services? Un manque de motivation pour blinder ce dossier ?
Une volonté de laisser la place aux animalistes pour les attaquer ?
Peut importe la raison , à un moment ces services devraient être tenus d’avoir des résultats.
Que voulez-vous,ces gens préfèrent le loup aux éleveurs,les cormorans aux pisciculteurs,les choucas aux agriculteurs les cervidés aux sylviculteurs ect.ect.avec l appui de la justice.de plus ces gens produisent contrairement à eux qui ne pondent que des normes .on marche sur la tête.
Bonsoir,il faut envoyer la facture à one voice!!ou à l’état!!car dans les rôles de l’état,il y a « régulation « ,et les rôles du gouvernement, il y a « aider les citoyens « ,53 000 euros ça commence à faire beaucoup ,peut-être faire appel à un bon avocat……
Je pense que la responsabilité est surtout celle de syndicats agricoles démagogues qui obligent les préfets à prendre des arrêtés juridiquement indéfendables, en dépit des avis scientifiques contraires et de la jurisprudence négative. Il n’est pas étonnant que les tribunaux administratifs annulent ce qui ressemble beaucoup à des massacres d’espèces protégées sous des prétextes inconsistants.
Eléonore,si votre travail,si une partie de votre revenu était anéanti vous raisonneriez différemment.on voit bien que vous n avez jamais semé une graine.
Je peux vous expliquer comment on sème des graines, si vous voulez? Vous avez l’air intéressé par le sujet.
Jean1 , bonjour
il faut profiter de l occasion pour une petite leçon….
Avec plaisir ,quand vous voulez.ce soir par exemple, fèves, radis,et petits pois(recouverts ,d un filet a cause des moineaux ce que les agriculteurs ne peuvent faire)récoltés dans le jardin .si vous avez une solution,pour les choucas,économiquement réalisable il faut de suite leurs communiquer.
C’est très bien, je vois que vous savez utiliser les méthodes de prévention, qui fonctionnent très bien. Dommage que certains syndicats agricoles préfèrent les ignorer et tomber dans la surenchère. Mais qui sait, peut-être qu’à force d’aligner les échecs ils finiront par écouter les recommandations des scientifiques et adopter des méthodes efficaces non létales pour réduire les dommages à leurs cultures.
Eléonore,donnez en une réalisable pour des dizaines d hectares pour les empêcher de se nourrir et surtout ne pas les pousser chez le voisin,les exploitants seront ravis de les connaître.
Les exploitants les connaissent déjà puisqu’elles sont répétées chaque année par le CSRPN, qui constate qu’elles ne sont pas mises en œuvre.
Je cite: « Le CSRPN signale que cette demande de dérogation est récurrente et que les remarques et suggestions faites dans les précédents avis ne trouvent pas vraiment de réponse dans la présente demande. Les solutions privilégiées sont le tir et le piégeage mais les solutions alternatives évoquées ne semblent pas se développer dans les différentes demandes. La liste des pistes alternatives est intéressante mais aucune ne semble réellement testée.
Le CSRPN ne remet pas en cause le problème des dégâts provoqués par le Choucas des tours, mais les actions proposées ne sont pas de véritables solutions. Il y a un manque de volonté de mettre en œuvre les solutions alternatives. »
Je constate ,du bla bla,rien de concret,aucune solution alternative proposées, croyez vous que cela amuse les agriculteurs de diminuer le nombre de choucas,ils ont d autres occupations.on devrait demander aux personnes qui veulent protéger mais qui ne sont pas CONCERNÉS de financer les dégâts,il y en aurait beaucoup moins.
J ai été voir le site crspn de Bretagne ,ils reconnaissent eux même que les mesures qu ils préconisent (effarouchement,enfouir plus profondément des semis ect.)ont peu d efficacité,j aimerais bien comprendre.le résultat de tout ça, diminution du nombre d agriculteurs, augmentation des importations.
Le Maine-et-Loire est en Bretagne? C’est nouveau 😉
Eléonore,ok,j ai pas fait attention,mais ça ne. change en rien des préjudices causés par les choucas et les moyens de les limiter.
Les conclusions que je citais sont celles du CSRPN des Pays de la Loire, celui qui est compétent pour le dossier du Maine-et-Loire. Si je vous résume son avis: les méthodes alternatives sont peu et mal utilisées, les tirs ont provoqué l’éclatement des populations (l’inverse du but recherché…) et les méthodes de suivi utilisées ne permettent pas d’évaluer correctement les effectifs.
Le FDGDON, qui est le porteur du dossier, n’a manifestement pas les compétences pour ce type d’action, et c’est normal puisque ce n’est pas son rôle. Mais il n’est pas étonnant que le dossier reçoive un avis défavorable, dans ces conditions, et que l’arrêté soit annulé par la justice. L’administration n’y est pour rien, elle peut pas inventer des éléments qui n’existent pas.
C est bien ce que dis,aucune mesure alternative efficace proposée.on ne fait que constater les dégâts (on ne peut nier la réalité)on préfère les choucas a ceux qui nous nourrissent,le problème sera bientôt résolu ,ils auront disparu( les agriculteurs).pour avoir fait de la protection de culture,au début je tirais en l air pour effrayer,peu d effet comme les canons,épouvantails,ect. les oiseaux se rendent vite compte qu ils ne risquent rien,par contre des qu on en tué quelque uns ça change tout.vous comme ces juges venez sur le terrain et vous le constaterez .
Il est dommage que vous ne vouliez pas entendre ce que disent les scientifiques du CSRPN. En réalité, les tirs ne permettent pas de réduire les populations. Ils produisent l’inverse du but recherché car ils dispersent les oiseaux qui vont aller dans des champs qui n’étaient pas touchés. Les tirs font éclater les colonies, qui vont s’étendre aux alentours. Je cite:
« Le CSRPN rappelle que de nombreuses publications scientifiques récentes démontrent que le tir ou les destructions en général n’ont pas d’effet positif sur les populations, voire ont des effets négatifs, car elles poussent à la dispersion des individus chez des espèces (corvidés) qui fonctionnent socialement en métapopulations (groupes dispersés sur de vastes territoires mais connectés entre eux par des mouvements d’individus). »
Avec les tirs, les agriculteurs ne résolvent pas le problème. Au contraire, ils l’aggravent. Preuve en est qu’année après année, ils demandent des quotas de tir de plus en plus élevés et malgré cela, les dégâts ne baissent pas. Il y a de quoi se poser des questions…
Vous et les scientifiques (qui n ont pas de solution)n ont jamais été sur le terrain et pratiqué des tirs, contrairement à vous je sais de quoi je parle.ces mêmes scientifiques qui nous avaient dit que le frelon asiatique s eteindrait de lui même,on voit le résultat,quand je tue une reine j ai sauvé a peu près dix kilos d insectes.si je tue un choucas je sauvé des centaines de jeunes plans car ils sont vulnérables a la levé du semi, quelques semaines.c est mathématique.les familles d agriculteurs en détresse,les suicides m émeuvent un peu plus que quelques choucas.chacun sa vision.
En somme, la terre est plate parce vous la voyez plate et les scientifiques se trompent quand ils disent le contraire. Nous voilà bien.
L agriculture est un métier qui bénéficie du plus grand nombre de conseiller , » tout le monde sait » .
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C est merveilleux..