Chaque automne, les chasseurs de la Somme réalisent un suivi de la fructification des hêtres et des chênes. Un outil de terrain essentiel pour comprendre les comportements du gibier et prévenir les dégâts aux cultures.

C’est une scène discrète mais essentielle à la vie de la forêt. Armés de cerceaux et de carnets, les chasseurs de la Somme s’enfoncent dans les bois pour compter les glands et les faînes tombés au sol. L’opération, appelée suivi de fructification forestière, a débuté le 3 octobre et se poursuivra jusqu’au 15.
Ce protocole, répété chaque année, permet d’évaluer la quantité de nourriture naturelle disponible pour la faune sauvage, en particulier les sangliers et les cervidés. Car de cette abondance ou de cette rareté dépendent bien des équilibres : reproduction, déplacements, dégâts agricoles et même risques routiers.
« Quand les forêts sont riches en glands et en faînes, les animaux trouvent à manger sans sortir des bois. Quand la fructification est faible, ils cherchent ailleurs, notamment dans les champs », explique à France Bleu Théo Cornu, technicien à la Fédération de chasse de la Somme.
Un indicateur précieux pour la gestion du gibier
Les chasseurs notent avec précision les volumes récoltés sous différents arbres, comme les hêtres ou les chênes. En croisant ces données avec les observations de terrain et les prélèvements réalisés pendant la saison, la fédération peut anticiper les variations de population et adapter ses actions de régulation.
A lire aussi : Dégâts de gibier : quand le droit rappelle l’histoire
Une année “riche” en fruits, comme celle observée actuellement, est une bonne nouvelle à court terme : les animaux restent en forêt et les dégâts agricoles diminuent. Mais la médaille a son revers : une nourriture abondante favorise une meilleure survie hivernale et une reproduction plus importante au printemps suivant.
« Si l’année suivante est pauvre en glands, on risque une pression accrue sur les cultures, car la population aura augmenté », résume Hubert Séré, porte-parole de la fédération.
Des chasseurs en observateurs du vivant
Ce type de suivi, longtemps réservé aux forestiers, illustre la place grandissante des chasseurs dans la surveillance écologique des milieux naturels. Loin du simple loisir, leur présence sur le terrain permet de recueillir des données concrètes sur les ressources et les comportements du gibier — un complément souvent précieux aux études scientifiques.
Dans quelques jours, les derniers relevés auront lieu dans le bois de Crécy, l’un des plus vastes massifs du département. Les résultats seront intégrés à une synthèse nationale pilotée par la Fédération nationale des chasseurs, qui contribue à mieux comprendre le lien entre la forêt, sa fructification et la dynamique du grand gibier.
A voir en vidéo :











Parce quand t’es bourré, tu peux compter n’importe quoi….😉
Quand tu es C*n, aussi !