FBB : défendre ou exister ?

Antispécisme
date 10 juin 2025
author Richard sur Terre

À force de refuser toute solution concrète à la surpopulation de sangliers, la Fondation Brigitte Bardot finit surtout par défendre l’illusion de sa propre utilité.

Vendredi 6 juin, à Menton, une battue aux sangliers prévue par la municipalité a été annulée sous la pression de la Fondation Brigitte Bardot. L’association s’en est félicitée bruyamment sur les réseaux sociaux : victoire pour la vie sauvage, hourrah pour les marcassins. Le tout, bien sûr, en pleine saison des naissances — un argument mille fois recyclé, mille fois brandi, mille fois instrumentalisé.

Mais derrière ce satisfecit permanent, cette communication de guerre totale contre la régulation, il faut bien poser la question : ces associations servent-elles encore à quelque chose ? Pèsent-elles vraiment dans la résolution des problèmes ou sont-elles devenues les animatrices attitrées d’un théâtre de l’indignation sans lendemain ?

La posture permanente contre toute action

Depuis des années, la FBB, comme le Parti Animaliste, One Voice, l’ASPAS et d’autres, multiplie les prises de position tonitruantes contre la chasse au sanglier. Battues d’été ? Massacre. Battues d’hiver ? Barbarie. Tirs de nuit ? Scandale. Chasse à l’arc ? Cruauté. Filets ? Inadmissible.

Tout est toujours inacceptable, tout est toujours « insoutenable », « déraisonné », « non concerté ». On entend ces mots en boucle, comme un disque rayé. Ce qui ne vient jamais, en revanche, c’est la moindre proposition alternative crédible. Pas une. Pas même une tentative de prise en compte de la réalité des dégâts, des pressions agricoles, des risques sanitaires. Rien.

Et c’est bien cela qui est frappant : ces associations ne cherchent pas des solutions, elles cherchent à exister dans le refus. Dans l’opposition. Dans la dénonciation permanente. Le sanglier, pour elles, n’est pas un problème à résoudre : c’est une rente d’indignation.

La stratégie de l’impuissance revendiquée

Car enfin, comment peut-on prétendre « protéger la nature » en refusant toute forme de gestion des espèces ? Comment expliquer que, pendant que les agriculteurs voient leurs cultures dévastées, pendant que les collisions routières se multiplient, pendant que l’OFB alerte sur la dynamique explosive de certaines populations, la seule réponse apportée soit une photo de marcassins sur fond de tweets triomphants ?

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En réalité, c’est à une stratégie de l’impuissance revendiquée que nous avons affaire. Ces associations ne veulent pas régler les problèmes, elles veulent les garder ouverts, pour continuer à se mobiliser, à lever des fonds, à faire parler d’elles. Elles vivent de la crise, et la perpétuent soigneusement.

La nature n’est pas un décor de carte postale

Le cas de Menton est emblématique : une ville coincée entre mer et montagne, avec une forte pression urbaine, un territoire restreint et des sangliers en surnombre. Quelle était la solution ? Attendre ? Espérer qu’ils déguerpissent ? Leur lire une charte éthique sur la cohabitation pacifique ?

Non. À un moment, il faut agir. Et quand l’action est empêchée, ce n’est pas une victoire. C’est un renoncement, un report, une aggravation. Le problème reviendra — plus gros, plus pressant, plus dangereux. Mais entre-temps, la Fondation aura gagné une semaine de visibilité.

Alors posons la question clairement : la FBB et consorts défendent-elles la faune ou défendent-elles leur fond de commerce moral ? Car ce qu’elles refusent obstinément, c’est de s’attaquer aux racines du réel. Et à force de hurler au scandale sans jamais s’abaisser à construire une solution, elles finissent par entretenir l’illusion de leur propre utilité, au mépris du terrain, des gens et des bêtes.

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4 Commentaires :
  1. bruno
    10/06/25

    cette fondation va payer les dégâts des sangliers je présume ?

    1. Chtivarois
      14/06/25

      Rente d’indignation ou fond de commerce moral? Personnellement, je pense que pour ces associations c’est tout simplement un fond de commerce. Lorsque ces associations se portent partie civile, elles obtiennent régulièrement des dommages et intérêts. Le gibier comme on le sait a le statue de « res nullius » n’appartenant à personne. En raison de dispositions prisent il y a des décennies, les chasseurs sont seuls à payer les dégâts de sangliers. Pourtant, ces sangliers n’appartiennent pas aux chasseurs. La FFB, l’ASPAS, ONE VOICE s’opposent aux battues lorsque il y a obligation de faire diminuer les populations pour limiter les dégâts.
      Les dommage et intérêts obtenus en justice devraient aussi servir à payer ces dégâts. En effets, comme pour les casseurs (comme le disait un premier ministre)  » Tu protèges, tu payes ». Ce serait absolument normal. Lorsque l’on voit les salaires, notamment de Bougrain Dubourg un autre ami qui vous veut du mal, Président à vie de la LPO, ils ont les moyens de payer les dégâts qui découlent directement de leur idéologie. Ce ne serait que justice.

  2. Xavier 09
    10/06/25

    Je suis Hors Sujet. Ce soir sur France
    2 Hugo Clement en journaleux qui questionne le Président Macron sur les océans. Ce gars est une plaie que les médias et les politiques entretiennent. Peut-être que quelque chose m’échappe… Ah actuellement le Hugo bleuf et taillé par Macron. Il est remis à sa place car il se croit supérieur à Macron qui connait son sujet. Léa Salamé toujours à la hauteur de sa fonction et dans le respect des personnes qu’elle a en face…

  3. 18/06/25

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