Petite promenade dans les jardins de la pensée magique : Il fut un temps où, face au mildiou, on sortait du cuivre, un pulvérisateur, et un peu de bon sens paysan. Aujourd’hui, certains sortent des aiguilles.
Mais putain quoi… Acupuncture végétale, sérieusement !?
— 🐢 Turtle lé inossan ou presk (@TurtleLeInossan) December 13, 2025
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L’idée est séduisante, presque poétique. Les plantes auraient leurs méridiens, leurs blocages énergétiques, leurs petits soucis existentiels. Il suffirait donc de planter une aiguille au bon endroit pour remettre de l’harmonie dans le cosmos chlorophyllien. Le potager devient cabinet de soins. La courgette consulte. Le chou frisé entame un travail sur lui-même.
Évidemment, la science végétale – la vraie, celle qui s’ennuie dans des labos humides à observer des stomates et des flux de sève – n’a jamais rien vu de tel. Pas de méridiens, pas de Qi, pas d’énergie cosmique circulant dans le pied de tomate. Des cellules, de l’eau, des nutriments, des champignons pathogènes, des insectes ravageurs. C’est moins spirituel, mais ça a le mérite d’exister.
On nous expliquera que « ça marche », que « les anciens le savaient », que « la science officielle est trop matérialiste ». Toujours les mêmes refrains. Curieusement, ces pratiques miraculeuses ne survivent jamais à une comparaison simple : une parcelle traitée à l’aiguille énergétique face à une autre cultivée correctement, avec rotation des cultures, sol vivant, lutte intégrée. L’une relève de l’agronomie, l’autre de la foi.
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On est dans un transfert de croyances humaines vers le monde végétal, avec un vocabulaire pseudo-scientifique pour faire sérieux. La plante n’est plus un organisme biologique, elle devient un patient. Et le jardinier, un thérapeute holistique.
Bon après c’est pas bien méchant – après tout, chacun parle à ses tomates comme il l’entend. Le problème, c’est quand cette pensée magique se pare des habits de la science, tout en rejetant méthodiquement ce qui fait la science : le doute, la preuve, la reproductibilité. Quand on explique sérieusement qu’une aiguille peut remplacer des connaissances agronomiques patiemment construites.
Alors oui, on peut en rire. Gentiment. Imaginer un jour une salle d’attente au potager, des radis anxieux, des poireaux en burn-out, une salade « alignée énergétiquement ». Mais on peut aussi rappeler une chose simple : le vivant mérite mieux que des fables. Il mérite qu’on le comprenne tel qu’il est, pas tel qu’on aimerait qu’il soit.
La rationalité n’empêche ni l’émerveillement ni le respect de la nature. Elle en est la condition. Et tant pis si cela hérisse le poil des marchands de miracles : nos choux, eux, se portent très bien sans acupuncture.
A voir en vidéo :











non mais … c’est un descendant du célèbre docteur du même nom !?!
Il faudra bien penser après avoir lavé les légumes d’enlever les éventuelles aiguilles sinon l’estomac nous rappellera à l’ordre.
Ca, c’est effectivement une affaire pur G.Milgram !
Privatisation de l’audiovisuel public bordel !!!!!!!!
Ernotte, escro, voleuse !!!!!!!!!