Loup : les éleveurs bovins enfin entendus ?

Chasse Actu
date 24 juin 2025
author Léa Massey

Un nouvel arrêté, publié le 22 juin au Journal officiel, assouplit les conditions de tir de défense contre le loup. Il concerne les troupeaux bovins et équins, jusque-là mal protégés. Une petite victoire pour les éleveurs – et un symbole fort.

Depuis des années, les attaques de loups sur les troupeaux ne concernent pas seulement les moutons. Chevaux et bovins paient eux aussi un lourd tribut, sans bénéficier du même arsenal juridique. C’est ce déséquilibre que vient corriger le nouvel arrêté du 21 juin 2025, publié ce samedi au Journal officiel.

Fini l’attaque préalable

Jusqu’ici, pour qu’un éleveur de vaches ou de chevaux obtienne une autorisation de tir de défense, il fallait prouver une attaque. Désormais, cette condition tombe, à une seule condition : se trouver dans une zone de présence avérée du loup.

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En clair : dans les départements les plus touchés, les tirs pourront être autorisés en amont d’une prédation, si le troupeau est jugé vulnérable.

Une mesure de protection obligatoire

En contrepartie, l’arrêté impose la mise en œuvre d’au moins une mesure de réduction de la vulnérabilité par lot de bétail. Parmi les dispositifs acceptés :

  • Vêlages en bâtiment ou parc clôturé ;
  • Clôtures électriques ou parcs renforcés ;
  • Colliers GPS ou pièges photo ;
  • Regroupement nocturne surveillé ;
  • Chiens de protection ou surveillance humaine ;
  • Mélange des âges dans les troupeaux, bovins à cornes, etc.

Le dispositif reste donc souple – trop souple selon certains.

Pourquoi maintenant ?

Plusieurs éléments expliquent ce changement de doctrine :

  • Les bovins et équins représentent aujourd’hui près de 10 % des attaques recensées sur troupeaux domestiques.
  • Le déclassement du loup au niveau européen (passant d’espèce « strictement protégée » à « protégée » en mai 2025) ouvre la voie à un assouplissement.
  • La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a déclaré vouloir « remettre de l’équilibre entre protection des espèces et protection des éleveurs ».

Autrement dit : l’État acte que le loup n’est plus une espèce en danger, mais un problème à gérer.

Des réactions contrastées

Du côté des éleveurs, le soulagement est palpable. Pour la FNSEA ou les JA, « cet arrêté met fin à une inégalité criante ».

Mais les critiques n’ont pas tardé :

  • Le Conseil national de la protection de la nature regrette qu’une seule mesure suffise à obtenir le feu vert préfectoral.
  • Le Pôle Grands Prédateurs parle d’une « stratégie à court terme, sans vision de cohabitation ».
  • Des ONG environnementalistes dénoncent une fausse protection : certains éleveurs pourraient se contenter de mesures symboliques pour obtenir des autorisations de tir.

Et maintenant ?

Ce nouvel arrêté ne marque pas la fin de la guerre du loup. Il s’inscrit dans une évolution plus large, que résume bien le prochain chantier : l’adaptation du Plan national Loup 2024-2029 à ce nouveau cadre.

Des expérimentations locales (comme dans le Doubs) sont déjà en cours, pour autoriser des tirs territorialisés plus ciblés.

Mais sur le terrain, c’est l’exécution qui fera la différence. Tout dépendra du sérieux des mesures mises en œuvre, de la rigueur des préfets… et de la capacité du monde rural à rester uni face à l’idéologie de ceux qui, depuis Paris, n’ont jamais vu un veau égorgé au petit matin.

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1 Commentaire :
  1. Billabong
    25/06/25

    un animal bien coûteux pour le contribuable qui atteint pour prétendument « 1000 » individus 50% ( 35 000 000 euros en 2021 ) du montant des dégâts du grand gibier… ( avec environ 1 000 000 d’individus rien que pour le sanglier )

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