Malgré les appels répétés des associations anti-chasse, la manifestation organisée samedi à Fontainebleau contre la vénerie n’a réuni qu’une poignée de participants. Ou quand le militantisme numérique se prend le mur du réel.
Des militant·es, des membres d’associations (PACCT Fontainebleau, ASPAS – Association pour la protection des animaux sauvages, Alliance des Opposants à la Chasse…), étaient venu·es en nombre pour dire haut et fort leur opposition à cette pratique d’un autre (Moyen) âge. 2/9 pic.twitter.com/x9uNosc1SO
— Arnaud Saint-Martin (@ArSaint_Martin) October 25, 2025
Des promesses de foule
Quelques gilets orange, des pancartes, un mégaphone : la scène, photographiée place du Général-de-Gaulle à Fontainebleau, aurait pu passer inaperçue sans le tweet du Député LFI Arnaud Saint-Martin. Il évoquait une mobilisation “nombreuse”, venue dénoncer “une pratique d’un autre âge”. En réalité, la place sonnait creux (comme en témoigne la photo). Une dizaine de personnes ont répondu à l’appel de l’ASPAS, du collectif PACCT ou de l’Alliance des opposants à la chasse.
Le contraste est saisissant. Les associations animalistes cumulent des millions d’abonnés sur les réseaux sociaux. Chaque publication, chaque vidéo, déclenche des vagues d’indignation. Mais lorsqu’il s’agit de quitter l’écran pour rejoindre le pavé, la ferveur s’évapore. Fontainebleau en offre l’image exacte : une cause hyperconnectée, mais sans chair ni souffle collectif.
Du clic à la rue : le grand écart
L’affaire Rigaux, survenue quelques jours plus tôt en forêt de Fontainebleau, avait pourtant offert un tremplin médiatique aux associations. Les réseaux s’enflammaient ; les slogans fleurissaient. Mais la traduction militante n’a pas suivi. C’est le paradoxe de ces mouvements : leur puissance d’indignation est inversement proportionnelle à leur capacité de mobiliser les foules.
A lire aussi : Pierre Rigaux et le Rallye Fontainebleau
La militance numérique rassure, elle donne le sentiment d’agir sans quitter son confort. Mais la politique, la vraie, celle qui change les lois et infléchit les pratiques, suppose un ancrage, une continuité, un travail de terrain. À Fontainebleau, rien de tout cela : seulement un écho, vite dissipé.
Une stratégie de confrontation stérile
À force de diaboliser la chasse, les associations se condamnent à prêcher des convertis. Leur discours, saturé d’anathèmes, laisse peu de place à la nuance. Or, la société française n’adhère pas à la croisade ; elle cherche des équilibres. Dans la balance, les veneurs bénéficient d’une légitimité culturelle et régionale que leurs adversaires, souvent perçus comme radicaux, peinent à contester.
L’émotion n’est pas un projet politique. Le militantisme qui lève la colère finit par tourner à vide.
Une leçon de sociologie politique
Ce samedi à Fontainebleau, les pavés sont restés froids, mais la scène en dit long sur notre époque : celle où les “grandes causes” se gagnent d’abord en ligne, avant de se perdre dans le silence des places publiques.
Le combat contre la chasse à courre, comme d’autres combats moralisateurs, se heurte à une loi implacable : sans ancrage social, aucune indignation ne devient mouvement. Les campagnes ne se laissent pas gouverner par les réseaux.
À Fontainebleau, on aura donc moins vu la fin d’un monde que la limite d’un modèle : celui d’une militance sans peuple.
A voir en vidéo :











Bonjour, bof,on va se répéter, leurs but à toutes ces associations la fin de la chasse, même chose pour lfi,la vénerie est une excuse, la chasse qui prélève le moins en france et préserve plusieurs métiers ,c’est vraiment des nuls,les français s’en aperçoivent apparemment, alors virez les de l’hémicycle !!
Je ne me montrerais plus jamais nulle part après une gifle pareille…. !
La vénerie,la chasse la plus écologique,aucune différence entre une meute de loups ou de chiens,sauf que le loup est plus performant et s attaque aussi bien a une biche,un faon et protégés par les mêmes qui veulent interdire la chasse à courre.cette chasse bien moins meurtrière que le fusil.ils ne sont pas très nombreux mais déterminés et agissent en toute impunité.
Arnaud Saint-Martin a fait plus de tweets qu’il n’y avait de manifestants…!