Marine Tondelier : reine du SAV

Les plumes de Richard
date 23 mars 2026
author Richard sur Terre

Il faut reconnaître un talent à Marine Tondelier : quand son parti prend une claque, elle arrive encore à vendre ça comme une démonstration de lucidité.

Les urnes parlent et les villes tombent. Les écologistes reculent. Mais sous la plume de Marine, ce n’est pas un revers. C’est une “séquence confuse”. 

Marine Tondelier a pondu une newsletter à minuit et demi pour expliquer que si son parti a perdu, c’est parce que le monde est trop compliqué pour comprendre à quel point ils ont raison. Bah oui évidemment.

Ce texte, que je vous invite chaudement à lire, est un bijou de mécanique politicienne. Elle commence par expliquer qu’il faut se méfier des analyses simplistes, puis elle déroule pendant des kilomètres son analyse pointue : ce n’est pas la faute des écologistes, c’est la faute de l’abstention, des réseaux sociaux, de Jean-Luc Mélenchon, de François Hollande, des journalistes, de la brutalité du débat public, de la droite, de l’extrême droite, de la gauche, et probablement du coefficient de marée. 

Tout y passe, sauf finalement la question la plus simple : pourquoi tant d’électeurs ont-ils eu envie de refermer la parenthèse verte ?

Les écologistes ont connu en 2020 un moment d’euphorie municipale. Ils parlaient comme s’ils avaient reçu les clés de l’avenir. Six ans plus tard, le soufflé retombe et Marine Tondelier nous sert la liturgie du cadre incompris : “nous sommes sérieux”, “nous travaillons bien”, “nous sommes de bons techniciens”, “nous avons transformé les villes”, mais “les gens ne le savent pas”. C’est pratique. Si le peuple ne vote pas comme il faut, c’est parce qu’il a rien compris le pauvre.

Et puis il y a cette manie insupportable de brandir les brevets de décence. Marine Tondelier explique en substance que les autres à gauche se comportent comme des pyromanes, tandis que les écologistes, eux, seraient les seuls adultes dans la pièce. Les seuls propres. Les lucides. Les capables. Une sorte de Suisse morale du bloc de gauche, distribuant les blâmes depuis un promontoir de vertu. 

Son texte est traversé par une hypocrisie écrasante (et amusante). Elle reproche à tout le monde d’avoir transformé les municipales en répétition générale de 2027, mais elle-même écrit déjà comme une candidate à la présidentielle. Humez l’image de la responsable raisonnable, prise en étau entre les fous furieux de LFI et les revenants du hollandisme. 

Elle s’amuse aussi avec les alliances. Quand elles permettent de sauver une ville, c’est la preuve du génie stratégique. Quand elles font perdre, c’est la preuve que la campagne a été toxique. 

A lire aussi : Marine Tondelier : l’écologisme autoritaire

Et surtout, derrière la plainte sur “les réseaux sociaux”, “la désinformation” et “la communication”, il y a cette arrogance : les écologistes aiment croire que s’ils perdent, c’est parce qu’ils sont trop fins pour la vulgarité de l’époque. C’est plus flatteur que d’admettre qu’ils ont gouverné comme on administre une brochure de cabinet de conseil avec une moraline pénible qui fait fuir les gens normalement constitués. 

On est dans le sacerdoce mes amis. L’écologie est une mission supérieure, une charge sacrée injustement maltraitée par la bêtise ambiante. 

On ne sent jamais chez Tondelier une remise en cause politique. On sent plutôt une douleur de clerc. Le monde a été ingrat avec les meilleurs élèves. Les fidèles doivent donc resserrer les rangs, méditer, s’organiser, se renforcer sur les réseaux, et repartir au combat. C’est une homélie de défaite.

Marine Tondelier signe un texte de conservation de sa place dans le jeu électoral qui l’exonère de toute faute. 

C’est peut-être ça, au fond, le plus irritant chez les écologistes : même quand ils perdent, ils trouvent encore le moyen de parler comme des professeurs irrités par leurs élèves qui n’ont pas révisé leurs devoirs. Bon…on fera mieux la prochaine fois Marine, promis !

A voir en vidéo :

Partager cet article
4 Commentaires :
  1. Bruno
    23/03/26

    Il ne faut pas faire voter le peuple car… il vote mal !

  2. Yannick
    23/03/26

    Archer, je te salue.
    Je me permets le tutoiement car notre rencontre par l’intermédiaire de tes vidéos et publications sur internet m’ont ammené à penser à la chasse à l’arc, n’étant pas chasseur. Bercé par les chasses populaires solognotes, bérichonnes et du Porhoët (centre Bretane) de mon enfance. Néanmoins, j’aimerai te poser une question. Tu affirme dans cette présente publication: « les fous furieux de LFI. » Je serai très curieux de connaitre tes arguments (factuels) qui étayent ton propos. Merci d’avance pour ta réponse. Cordialement .
    Yannick

    1. Jean1
      24/03/26

      Yannick,il suffit simplement d écouter certains de ce parti pour se rendre compte qu ils n aiment pas la France républicaine et ne cherche que le chaos à diviser les gens.

  3. Jean 2
    23/03/26

    Bonsoir yannick,je ne suis pas »archer »,et je n’ai pas la prétention de répondre à sa place,mais sauf si vous habitez dans une grotte ou rien ne passe,les arguments ne manquent pas,et on pourrait même vous donner les noms des plus « assidus « pour ces trois mots,certes un des mots n’est plus employé en psychiatrie,mais en politique l’apparence et le comportement peuvent être aussi importants que les faits et le diagnostic. Le vrai »archer »vous répondra peut-être.

Soumettre un commentaire

Dans la même catégorie

Articles les plus récents