Opinion – L’écologisme et la paysannerie

Chasse Actu
date 25 janvier 2024
author Richard sur Terre

Comme vous le savez, les agriculteurs sont en colère. Et les chasseurs doivent tout mettre en œuvre pour les soutenir dans leur combat face à l’écologie politique.

Qu’est-ce qui agite le pays en ce moment ? Qu’est-ce qui monopolise le débat public ? La colère de nos agriculteurs. Une colère sur fond d’agri-bashing savamment orchestré par les écologistes depuis des années. Et que voit-on aujourd’hui ? Ces mêmes écolos qui font la tournée des popotes médiatiques pour clamer leur amour du monde paysan. La ficelle est si grosse que tout le monde en rigole. Mais un peu jaune.

EELV nés avant la honte

Au-delà de leurs revendications concrètes, les agriculteurs formulent une demande claire : qu’on arrête de leur cracher dessus. Qu’on reconnaisse la difficulté de leur métier et qu’on les…considère. Vous savez la bienveillance…ce machin qui jette des ponts au lieu de les détruire.

L’écologie politique aujourd’hui prétend vouloir sauver les agriculteurs d’eux-mêmes ; leur montrer la voie vers l’amour et la vertu écologique. Les Verts en sont sûrs : leur modèle rendra les agriculteurs heureux ! Mais qu’en pensent-ils, eux ? Les premiers concernés ? Sont-ils si aveugles au point de ne pas voir qu’on leur veut du bien ? Ou simplement personne n’est dupe de la politique incantatoire menée par l’écologisme ?

Dans ce monde globalisé où la concurrence est rude, vouloir se foutre sur le côté pour prôner « la décroissance », c’est se mettre de fait « hors-jeu ». L’image d’Épinal du petit paysan avec sa fourche a vécu, et elle n’est simplement pas compatible avec le monde dans lequel on vit. C’est pourtant ce que prône l’écologisme depuis des décennies.

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Et aujourd’hui ce même écologisme pérore avec force conviction qu’il n’est pas au pouvoir et que c’est bien la mondialisation qui tue la paysannerie. Tout en militant à longueur d’année pour plus de normes, plus de contraintes et moins de compétitivité.

On ne choisit pas le monde dans lequel on vit. Le marché est ce qu’il est. L’idée c’est de tenter de tirer son épingle du jeu sans y laisser son âme. Mais les écologistes s’en tamponnent, de ça. A l’image de Sandrine Rousseau qui a au moins le mérite d’assumer ses positions.

Ce qui tue nos paysans aujourd’hui c’est qu’on leur demande d’être compétitifs tout en leur imposant des normes qui ne sont pas compatibles avec la compétitivité. Et les premiers à la manœuvre sont les écologistes qui se battent tous les jours pour imposer plus de restrictions et de contraintes.

« Mais qu’on arrête d’importer des produits de pays qui s’en tapent de nos règlementations ! »

Mais oui, bien entendu…et tout le monde maîtrise les conséquences d’un protectionnisme économique. Comment vont réagir les pays concernés si on leur ferme notre marché européen ? Vont-ils continuer gentiment à participer à notre bonne santé économique en important nos productions ? Où sont les écologistes pour répondre à cette question ?

Il est tellement confortable de se draper dans l’indignation, bien au chaud dans le fauteuil de l’opposition. Quand on ne doit rendre compte de rien. Qu’il est confortable d’envoyer ses députés écologistes au combat porter des réformes « attendues par le public ». Et qu’il est confortable, enfin, de regarder les gens au pouvoir se débattre avec les conséquences de ce lobbying environnemental qui tue notre économie.  

Le « monde », il s’en tamponne de nos atermoiements. Il produit à bas-cout, et déferle sur nos marchés « vertueux », mettant à genoux nos artisans, nos paysans, notre industrie.

Et c’est là que l’incantation se produit, à base de « changement de paradigme », de « un autre modèle est possible » ou de « nous devons réformer en profondeur ».

J’en arrive presque à espérer les voir arriver au pouvoir, ces écolos de l’amour, pour être témoin du nombre de chapeaux qu’ils devront bouffer face à la réalité des usines qui ferment, des gens dans la rue, et du chômage qui explose.

Je veux les voir « prolonger l’usage du glyphosate » pour éviter que des pans entiers de notre agriculture se pètent la gueule avec des conséquences qu’ils devront assumer.

A force d’infiltrer nos institutions politiques, l’écologisme, agissant comme un lobby, a semé les graines de la colère paysanne. Et aujourd’hui il voudrait faire croire au monde que c’est le résultat du vilain Capital. Heureusement, personne n’est dupe.

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5 Commentaires :
  1. lanoue
    25/01/24

    Et bien, il faut croire que si, et vous êtes tombé dedans, le problème n’est pas les normes écologiques, mais le revenu, la libéralisation, le libre échange., pour rappel, avant le traité de Maastricht on avait des prix garanti, pas de « prime » compensatoire, on vivait de nos produits, on ne pouvait pas rentrer sur notre marché intérieur à des prix inférieurs et norme à ce qui étaient produite sur le territoire. Mais Maastricht a été la porte grande ouverte à la dérégulation, à la mise en concurrence des produits à des couts et qualités différente des nôtres. Le problème actuelle agricole, à la même origine que l’hôpital, l’éducation, l’armée, les services publics, l’électricité, etc …. ouvré les yeux …. le problème est aujourd’hui, l’UE avec toute ses directives suicidées …. et nos imbéciles de gouvernants qui suivent à la lettre ce qui va être notre, votre perte ….

  2. Lolo0126
    26/01/24

    Pour défendre un peu richard, il parle de ce qu’il connait. Je ne suis pas sûr qu’il soit spécialiste en géopolitique économique. Par contre, en revanche et néanmoins, il connait de mieux en mieux les écolos et leurs magouilles, qui, sont en partie responsable de ce bordel il faut bien le reconnaitre.
    ABSTOA

  3. Hervé
    26/01/24

    Le problème de l écologie telle qu elle est pratiquée aujourd’ hui est punitive alors qu elle devrait être constructive .Comme le dit Richard , on ne peut pas imposer des normes drastiques à nos agriculteurs et ouvrir à l importation les mêmes produits qui eux non aucune normes ni contrainte de productions. C est juste scandaleux , à moins bien sûr que le but à terme soit la mort de l agriculture Française.

  4. Robert de Sinope
    28/01/24

    Richard, avec tout le respect que j’ai pour ta lucidité et tes mises en perspectives, te fourvoierais tu dans un biais cognitif? 🙂
    Dans ta vidéo du 19 janvier tu citais « le déclin des insectes  » du museum d’histoire naturelle avec pour causes la perte d’habitat, pesticides, pollution lumineuse, changement climatique… La situation actuelle est-elle acceptable? Tu cautionnes l’usage des produits phyto qui va à l’encontre de la chasse sur le long terme ?
    Chasses Eternelles publie régulièrement des vidéos et articles en faveur de la biodiversité, de l’alimentation saine qui évite l’élevage intensif ou des actions écologiques (ce terme a aussi un sens noble lorsqu’il n’est pas associé aux tarés d’EELV) des chasseurs. Est-ce uniquement des arguments utilitaires dans la lutte contre les anti-chasse ou bien la vision sincère d’un monde qu’on estime nécessaire de préserver pour le futur?
    LA ROUSEAU débite un nombre de conneries incommensurables, certes, mais la fois où son propos (toujours dans l’extrême) pourrait être nuancé et pris à contre-pied, et à contre-courant justement, pour servir à réflexion, ta réaction, visiblement sous le coup de l’émotion, nous sert un article qui ne colle pas avec les valeurs que tu sembles porter.
    Tout d’abord, les profils d’agriculteurs sont divers (activités, bassins de production, tailles des exploitations…) et les revendications des 3 syndicats principaux (FNSEA et JA, Confédération Paysanne, Coordination rurale) diffèrent énormément… Donc cette prise de position très orientée au nom de « LA Paysannerie » me surprend de ta part. Tu n’es pas du genre à faire de la généralisation et à tout mélanger…La colère partagée me semble surtout s’accorder sur un modèle qui ne fonctionne pas et des impasses économiques. Sur ces points, il est évident que tous les citoyens doivent soutenir l’ensemble du monde agricole!
    Toutefois, les causes, méthodes et solutions divergent selon chaque bord politique. Libre à chacun de juger lesquels sont les plus adaptés. Pourtant tous ont conscience que ces activités agricoles pèsent sur l’environnement et qu’elles sont aussi les premières victimes du dérèglement (rapport CGAAER-CGEDD n° 19056 « Changement climatique, eau, agriculture – Quelles trajectoires d’ici 2050 ? » par exemple, c’est pas de l’écologie politique là ;)). Je ne suis ni agriculteur ni chasseur (c’est en cours), mais j’aime la nature, le terroir, la science et la raison. Et quand je lis les revendications portées par la FNSEA et JA, j’ai l’impression qu’ils veulent tirer avantages des dérèglements climatiques à venir sans avoir à en supporter les inconvénients alors que les 2 autres syndicats ont des postures plus cohérentes avec leurs valeurs respectives. Quelles sont les relations entre la FNSEA et la FNC qui colorent ton message ?

    1. Nestor
      29/01/24

      J’aurais pas dit mieux !
      (la FNSEA est en grande partie responsable de la situation dans laquelle se trouve le monde agricole aujourd’hui, c’est leur « soutien au mouvement actuel » qui fait vraiment rire jaune)

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