Dans le Morbihan, l’ASPAS présente une victoire judiciaire éclatante contre la chasse dans une “vaste zone humide”. Le jugement dit autre chose : une annulation partielle, sur un point technique précis, que le communiqué gonfle pour nourrir une grossière propagande.
DES MILLIERS D'OISEAUX D'EAU VONT ÉCHAPPER AUX FUSILS ! 🥳 https://www.aspas-maitre-renard.org/golfe-du-morbihan-laspas-fait-interdire-la-chasse-dans-une-vaste-zone-humide/
— ASPAS (@aspasnature.bsky.social) 12 mars 2026 à 09:54
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Le tribunal n’a pas interdit la chasse sur toute la zone visée par l’ASPAS. Il a seulement retoqué une petite partie de l’arrêté préfectoral, celle qui incluait un secteur précis autour de la réserve du golfe du Morbihan et de la rivière de Noyalo. Pour le reste, l’ASPAS a été déboutée. Le jugement le dit clairement : l’État n’a pas perdu sur l’essentiel.
C’est le cœur de l’affaire. Le juge n’a pas consacré une incompatibilité générale entre chasse maritime et protection des zones humides. Il a censuré une inclusion précise dans un périmètre précis, en raison d’une situation juridique antérieure non régularisée autour de la réserve de chasse du golfe du Morbihan / rivière de Noyalo.
Le jugement va même plus loin : il rappelle que la chasse maritime est prévue par le code de l’environnement sur le domaine public maritime. Autrement dit, la thèse militante selon laquelle la seule présence d’une activité de chasse sur ce secteur serait en elle-même juridiquement incompatible avec les impératifs de préservation n’a pas été retenue.
Ce que l’ASPAS raconte
Le communiqué de l’ASPAS titre pourtant : “Golfe du Morbihan : l’ASPAS fait interdire la chasse dans une vaste zone humide !” Puis il parle d’un “nouvel espace de quiétude rendu à des dizaines de milliers d’oiseaux” et d’une décision “d’importance capitale pour la biodiversité des zones humides”.
Ou comment s’attribuer des lauriers imaginaires.
D’abord parce que l’ASPAS mentionne bien, dans le corps du texte, une annulation partielle. Mais son titre, sa mise en scène et son vocabulaire conduisent le lecteur à comprendre que la justice aurait désavoué globalement la chasse sur une vaste zone écologique sensible. Ce n’est pas ce que dit le jugement.
Ensuite parce que le tribunal n’a pas validé les principaux ressorts idéologiques du communiqué. L’ASPAS plaidait notamment l’erreur de droit, l’erreur manifeste d’appréciation sur le périmètre et l’absence d’évaluation d’incidences Natura 2000. Le juge a écarté ces axes, pour ne retenir qu’un grief circonscrit lié à l’intégration de la réserve de chasse du golfe du Morbihan / rivière de Noyalo.
Le passage le plus embarrassant pour la narration militante est ailleurs : le tribunal note, sur le terrain des effets de la chasse, qu’il ressort des pièces du dossier que le nombre de chasseurs a diminué fortement en une trentaine d’années alors que les populations d’oiseaux observées baissaient elles aussi, et il ne retient pas l’idée selon laquelle la chasse serait démontrée ici comme la cause juridique décisive de la situation écologique alléguée.
La vieille méthode : gagner peu, raconter grand
L’ASPAS revendique elle-même une stratégie de contre-offensive contre la chasse, relayée par ses communiqués, ses outils pour élus et son activisme juridique. Dans son bilan 2025, l’association parle de “contre-offensive”, diffuse un guide “Maires & Chasse” destiné aux élus qui veulent limiter la chasse sur leur commune et met en avant ses succès contentieux comme des preuves d’un rapport de force politique.
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Le service juridique “Maître Renard” de l’ASPAS met de son côté en avant toute une série d’actions : recours contre des arrêtés préfectoraux, contentieux contre le déterrage du blaireau, interventions sur les prolongations de chasse, contestations locales, menaces de saisine du tribunal sur les loups. Le message est clair : multiplier les fronts, user l’administration, créer des précédents, puis transformer chaque décision favorable, même limitée, en victoire symbolique contre la chasse.
Le même schéma se retrouve chez d’autres organisations militantes. La LPO et One Voice revendiquent ouvertement des saisines répétées contre les arrêtés annuels ou les refus ministériels, qu’il s’agisse des lagopèdes alpins ou des saisons de chasse dans les Antilles. La LPO parle même, pour les lagopèdes, d’attaques “systématiques en justice” et rappelle que, dans certains départements, les décisions se sont enchaînées année après année.
On n’est plus dans le recours exceptionnel face à une irrégularité manifeste. On est dans une stratégie de harcèlement contentieux assumée, accolée à une stratégie de communication. Le juge tranche un point de droit. La machine militante, elle, vend un basculement civilisationnel à ses donateurs.
Les nouvelles stratégies judiciaires des anti-chasse
La première stratégie consiste à viser des actes administratifs techniques, souvent département par département. Arrêtés préfectoraux, périodes complémentaires, conditions locales, délimitations, consultations publiques, régimes dérogatoires : tout ce qui peut être attaqué l’est. Le terrain est idéal. Le droit administratif permet de cibler finement, de recommencer chaque année et de jouer sur la fatigue des services.
La deuxième stratégie consiste à bâtir des coalitions de circonstance. ASPAS, LPO, One Voice et d’autres associations se retrouvent régulièrement côte à côte dans certains dossiers. Cela mutualise les coûts, additionne les relais médiatiques et donne l’illusion d’un consensus scientifique ou moral là où il existe souvent, d’abord, une convergence militante.
La troisième stratégie consiste à déplacer le centre de gravité du débat. Il ne s’agit plus seulement de contester une pratique de chasse, mais de recoder le litige en affrontement entre “biodiversité” et “lobby”. L’ASPAS utilise explicitement ce vocabulaire dans ses bilans et ses communiqués. Ce glissement permet de présenter le chasseur comme un intrus illégitime qu’il faudrait repousser secteur après secteur.
La quatrième stratégie consiste à transformer les demi-victoires en leviers d’opinion. Une annulation partielle devient “on fait interdire la chasse”. Une suspension provisoire devient “la justice protège enfin la biodiversité”. Une faiblesse de motivation préfectorale devient la preuve que la chasse serait structurellement contraire à l’intérêt général. Cette rhétorique n’a pas pour fonction d’informer. Elle sert à mobiliser, à lever des fonds, à intimider les décideurs locaux et à préparer le recours suivant.
Ce que les chasseurs doivent comprendre
Il serait absurde de nier qu’il existe parfois des fragilités juridiques dans certains arrêtés. Le droit est technique, l’administration n’est pas infaillible, et les juges peuvent censurer un texte sur un point précis. Mais c’est une erreur plus grave encore de laisser les associations anti-chasse raconter seules ce que disent ces décisions.
Dans le dossier du Golfe du Morbihan, la vérité tient en peu de mots. Le tribunal n’a pas condamné la chasse maritime comme principe. Il n’a pas donné raison à l’ASPAS sur l’essentiel de sa démonstration écologique et Natura 2000. Il a annulé une partie limitée d’un arrêté en raison d’un problème juridique limité. Le reste est de la mise en scène.
Un matin, ça prend la forme d’un titre triomphal sur une “vaste zone humide”. Le soir, ça circule sur les réseaux comme la preuve qu’une chasse de plus serait tombée sous les coups des associations anti-chasse. Entre les deux, il y a un jugement que personne ne lira : cinq pages sèches, une annulation partielle, un surplus rejeté, et une mécanique militante bien rodée. C’est là que se joue désormais une part du combat. Dans la bataille du récit.
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Bonjour, oui ces gens sont inutiles pour la biodiversité, contrairement aux centaines de milliers de chasseurs, éleveurs, et propriétaires, qui entretiennent les marais,patures,bois,ainsi que les mares du domaine maritime pour toute la faune .