La publicité Intermarché prise en otage par les végans

Antispécisme
date 15 décembre 2025
author Richard sur Terre

La publicité de Noël d’Intermarché, saluée pour sa poésie et son universalité, a rapidement été réinterprétée par certains militants animalistes comme un appel à cesser de consommer de la viande. Une récupération idéologique révélatrice d’un réflexe désormais bien rodé.

La publicité de Noël d’Intermarché a tout du conte moderne. Un court film d’animation, un personnage marginal, une rédemption par le partage et un message final sur l’inclusion. Rien de très original en apparence, si ce n’est une exécution soignée et une émotion suffisamment juste pour toucher un large public. Le succès est immédiat, en France comme à l’étranger.

Mais comme souvent lorsqu’un objet culturel de masse rencontre un sujet sensible, la lecture artistique n’a pas tardé à céder la place à une lecture politique.

Sur les réseaux sociaux, Brigitte Gothière, figure de proue de l’association L214, s’est engouffrée dans la brèche. Selon elle, la publicité serait en réalité un appel à « manger moins d’animaux », et la preuve que le débat sur la réduction de la consommation de viande resterait tabou en France. Une interprétation militante assumée, mais qui pose une question plus large : que se passe-t-il lorsqu’un récit symbolique est réquisitionné pour servir une cause idéologique ?

Une fiction ouverte, pas un manifeste

Dans le film, le loup cesse de chasser, apprend à cuisiner des légumes et finit par partager un repas avec ceux qui le rejetaient. La métaphore est simple : renoncer à la violence, changer son comportement, s’ouvrir aux autres. Intermarché n’a jamais présenté ce récit comme un message nutritionnel ou moral sur la viande. L’enseigne a au contraire insisté sur une thématique classique de Noël : le vivre-ensemble et l’inclusion.

Cette ambiguïté est précisément ce qui permet la récupération. Une œuvre symbolique, par nature polysémique, devient un terrain d’appropriation idéologique. Le militant n’invente rien, mais il surinterprète, en plaquant sur la fiction un sens qu’elle ne revendique pas.

La récupération militante, un mécanisme bien connu

Ce phénomène n’est ni nouveau ni propre à L214. Toute organisation militante cherche à s’adosser à des objets culturels populaires pour élargir son audience. Films, publicités, séries, événements sportifs : dès qu’un récit touche un thème connexe — nature, animaux, alimentation, domination — il devient exploitable.

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Dans ce cas précis, la manœuvre est doublement efficace.
D’une part, elle permet de bénéficier gratuitement de la visibilité d’une campagne mondiale.
D’autre part, elle donne l’illusion que le message militant progresse dans l’opinion, non plus par la confrontation, mais par l’adhésion émotionnelle.

Le problème n’est pas tant l’interprétation elle-même que la confusion entretenue. En assimilant une fiction grand public à une prise de position politique, on brouille volontairement les lignes entre création artistique et discours militant.

Quand le militantisme refuse la neutralité culturelle

Cette affaire révèle une difficulté plus profonde : l’incapacité croissante de certains courants militants à accepter qu’un objet culturel puisse exister en dehors du combat. Tout récit devient un champ de bataille symbolique. Tout succès populaire doit être lu comme un signe, un ralliement, une victoire idéologique.

Ce réflexe est paradoxal. Il prétend dénoncer le « tabou » autour de la viande, tout en refusant qu’un film puisse simplement raconter autre chose. Comme si la neutralité ou la pluralité du sens étaient devenues insupportables.

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10 Commentaires :
  1. Nico
    15/12/25

    C’est marrant, de mon côté j’ai tout de suite trouvé que ça ressemble beaucoup à de la propagande animaliste… tuer pour manger c’est mal, les animaux mangeant d’autres animaux commettent une faute morale dont ils doivent/peuvent se racheter…en mangeant des légumes.
    Tout récit, à fortiori une fiction, trimballe une vision du monde, qu’elle nous plaise ou non.

  2. Jean 2
    15/12/25

    Bonjour, hi hi hi! allez faire manger des légumes à un vrai renard ,pas un de dessin animé, bon OK une pub pour rigoler, mais certains y croient!!,nos fameux bisounours!!aïe aïe aïe.

  3. Alain28
    15/12/25

    Manque de bol, le loup pêche… et il n’est pas le seul dans le film ! Donc, s’il y a orientation, elle est plutôt végétarienne qu’animaliste.
    Ou on peut aussi la prendre telle qu’elle est : une jolie publicité, techniquement très réussie, qui incite à se remettre à cuisiner pour bien manger.

    1. Patrick
      15/12/25

      Le Loup pêche car intermarché a sa propre flotte de pêche…

    2. Patrick
      15/12/25

      Le Loup pêche car intermarché a sa propre flotte de pêche…

    3. Marc
      15/12/25

      Bonjour , je suis d’accord avec vous . Je suis peu-être naîf mais je vois là une belle publicité en forme de conte de Noêl et accessoirement une incitation à mieux manger .

  4. gilbert
    15/12/25

    Film très bien poétique et prenant mais c’est un film pour un super marché. Dans la vraie nature loup ou pas loup il est compliqué de trouver des champignons ou des baies dans la neige. Je le précise pour ceux qui pensent que le film (très bien) est le juste reflet de la vie en forêt et les animaux ne parlent pas… faut il y voir des messages pour L214 ? à chacun son idée

  5. mouchous
    15/12/25

    Le but premier est évident, ce n’est pas le rapprochement des espèces mais bien l’arrêt de manger de la viande (sauf pour les pauvres poissons qui ne sont pas considérés comme de vrais animaux). Ce super-marche ferait bien de faire attention à ses pubs sous peine de se faire boycotter !!!!!!!!!!!

  6. Richard
    15/12/25

    Inter marché, Walt Disney,ect,c est mignion mais la réalité est différente et certains ne font pas la différence.

  7. Lebonsensestmort
    17/12/25

    Quand es que les vegans vont ils empêcher les animaux carnivores de manger de la viande, au point où ils en sont? Je leur rappelle que nous sommes omnivores.

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