Sangliers : le chercheur militant

Chasse Actu
date 08 juillet 2025
author Richard sur Terre

Malgré l’explosion mondiale des populations de sangliers, un chercheur français s’interroge sur l’efficacité de la chasse. Une confusion intellectuelle qui inverse causes et remèdes.

Il faut croire que le CNRS manque de sangliers dans ses laboratoires. Car voici qu’un chercheur, Raphaël Mathevet, s’aventure à commenter la régulation cynégétique dans la presse locale, armé non pas de données nouvelles, mais d’un doute complaisant : « Puisque la chasse n’a pas fait disparaître les sangliers, peut-on vraiment dire qu’elle est efficace ? »

Le raisonnement est aussi vieux que le militantisme anti-chasse : on constate qu’un problème perdure malgré les efforts pour le contenir, et on accuse les efforts eux-mêmes. C’est comme reprocher à la médecine l’existence des maladies, ou aux pompiers le fait que les incendies continuent malgré leurs efforts.

Rappelons quelques faits, que notre chercheur semble avoir soigneusement oubliés :

  • La prolifération des ongulés sauvages est mondiale. Amérique du sud, Amérique du nord, Europe centrale, Asie : partout, les ongulés explosent en nombre depuis 50 ans, indépendamment des taux de chasse locaux.
  • Aucune zone tempérée n’échappe à cette dynamique, que la chasse y soit massive, faible ou inexistante.
  • La chasse ne vise pas l’éradication, mais la limitation des dégâts agricoles, forestiers et routiers. Elle est un frein, pas un remède miracle.

Mais ces réalités n’intéressent guère ceux qui, comme Raphaël Mathevet, préfèrent semer le doute dans l’opinion publique plutôt que produire des scénarios prospectifs sérieux. 

L’étude qu’il a cosignée en 2022, et qui a fait le bonheur des anti-chasse, procédait déjà du même sophisme : constater que plus on chasse, plus les populations augmentent, sans jamais poser la seule question rigoureuse : et sans chasse, combien seraient-ils aujourd’hui ?

C’est comme calculer que les dépenses de lutte contre le cancer augmentent, que le nombre de malades aussi, et conclure que la médecine ne sert à rien.

A lire aussi : Sangliers : la science pour une régulation efficace

Ce biais intellectuel porte un nom : le raisonnement fallacieux par corrélation sans causalité.
L’effort des chasseurs ralentit une tendance globale, il ne l’inverse pas magiquement. Et cette tendance est alimentée par des facteurs écologiques mondiaux, que le chercheur se garde bien de rappeler dans sa déclaration au Télégramme.

Que propose Mathevet à la place ? Rien.

Aucune alternative crédible. Aucun modèle opérationnel. Juste une suspicion jetée en pâture aux médias, laissant entendre que si les chasseurs ne réglaient pas tout, ils ne réglaient rien.

Le procédé est malhonnête :
Parce qu’il confond la lutte contre un phénomène et la disparition du phénomène.
Parce qu’il ignore volontairement l’échelle mondiale du problème.
Parce qu’il masque ses propres incertitudes derrière une posture critique commode.

La science mérite mieux que ces demi-analyses. La régulation des sangliers aussi.

Un vrai scientifique poserait les bonnes questions :

  • Sans chasse, à quoi ressembleraient nos forêts, nos cultures, nos routes ?
  • Quel serait le coût économique et écologique d’un retrait des chasseurs ?
  • Quelles alternatives concrètes, applicables dès demain, pourraient limiter la prolifération ?

Tant que ces réponses n’existent pas, la chasse reste l’outil principal de gestion. Perfectible, certes. Mais indispensable. Douter est sain. Propager le doute sans chercher de solution, c’est du militantisme. Pas de la science.

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7 Commentaires :
  1. jacques
    08/07/25

    Voilà encore une usine à gaz le très fameux CNRS ,il serait grand temps de mettre un bon coup de pied au c.l dans cette fourmilière payée par les deniers de l’état c’est à dire nos impôts !!!!

  2. Gérald
    08/07/25

    « Constater que plus on chasse, plus la population augmente »
    Vous semblez découvrir, pour un soit disant spécialiste de la faune, que les sangliers s’adaptent à la prédation, en plus du climat de plus en plus doux.
    Vous tentez d’imprimer dans la tête des gens que la chasse est l’avenir alors qu’elle n’est que l’accélérateur du nombre d’animaux, au moins en ce qui concerne le sanglier.
    Se mettre autour de la table avec élus, agriculteurs etc.., c’est bien, encore faut-il chercher des solutions qui en sont vraiment. Arrêter d’empiéter sur la nature, arrêter de la déranger sans cesse, obligeant les animaux à plus de déplacements artificiels. Bref, aller au-delà de ce que proposent ceux qui veulent tout s’accaparer dans la nature, y compris la vie, par loisir.

    1. Billabong
      08/07/25

      encore une pointe émoussée

    2. Jean1
      08/07/25

      Gérald,on attend avec impatience vos solutions car le monde entier est a l écoute.c est un comble,certains nous fustigent car on tue,nous empêche avec l aide de la justice d en éliminer plus,d autres nous mettent en procès parce qu on en tue pas assez, agriculteurs , syviculteurs ect.quant a la nature,elle est perturbée aussi par les sept milliards d individus dont vous faites partie.

  3. serge
    08/07/25

    Arrêtons de chasser le sanglier 2 années consécutives et peut-être le chercheur en question verra (ce n’est pas un jeu de mots) que la chasse sans être la solution est surement une des réponses.

  4. Chtivarois
    12/07/25

    Gérald, Raphaël ce sont les même donneurs de leçons. Les spécialistes de la biodiversité qui critiquent les chasseurs et leurs actions, mais qui ne font jamais rien pour l’environnement. Bacs à boue pour les hirondelles, nichoirs à mésanges, j’aime la nature propre, plantation de haies, ré ouverture de chemins oubliés etc, etc, etc. Mais où sont Gérald et Raphaël ? Tellement imbus de leur personne, tellement sûr d’eux, pour vous le prouver, ils sont capable de jouer à colin-maillard sur l’autoroute.

  5. ilmago
    23/07/25

    @richardsurterre

    qui a lu le livre « Sangliers, géographies d’un animal politique » en entier ?

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