Le débat sur l’aquaculture (et sur l’élevage en général) est toujours tranché sous les lumières blafardes d’un supermarché, par les consommateurs eux-mêmes. Le reste n’est que gesticulations.
Les Français adorent le saumon. 🐟
— Géraldine Woessner (@GeWoessner) January 18, 2026
Ils en avalent environ 300 000 tonnes par an.
Mais ils en produisent… autour de 300 tonnes.
Rien. Peanuts.
Plus de 99,8% de la consommation française de saumon est donc importée.
D'où ? De Norvège, d'Ecosse, du Chili… Mais il s'agit… https://t.co/CtQ313pIk9
Le rayon frais est déjà bien entamé. Les barquettes de saumon sont rangées par tailles, filmées sous plastique. Certaines portent une étiquette norvégienne, d’autres écossaise ou chilienne. Le prix au kilo est lisible. La date limite aussi. On hésite quelques secondes, on compare, puis on choisit. Le paquet rejoint le caddie, entre les légumes « marque repère » et le poulet à 8€ le kilo.
Le soir même, le saumon est sorti du réfrigérateur. Un filet d’huile dans la poêle, un peu de sel. Rien d’exceptionnel. Ce geste se répète chaque semaine, dans des millions de foyers. Il n’a rien de militant. Il correspond pourtant à un volume massif : environ 300 000 tonnes de saumon consommées chaque année en France.
La production nationale, elle, reste marginale. Elle ne pèse rien face à la demande.
Ce que les chiffres imposent
À l’échelle mondiale, le saumon sauvage ne suffit pas. Les captures plafonnent autour de 1,3 million de tonnes par an. L’aquaculture dépasse largement ce seuil, avec plus de 4 millions de tonnes produites. Ces ordres de grandeur décrivent ce qui arrive concrètement sur les étals, semaine après semaine.
C’est ce cadre qu’a rappelé Géraldine Woessner, journaliste au Point.
Une habitude importée
Le saumon consommé en France traverse des frontières avant d’atteindre les assiettes. Il circule dans des filières organisées. Les contrôles existent, mais les conditions de production se jouent ailleurs, à distance, hors du champ quotidien du consommateur.
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Cette organisation ne s’est pas imposée brutalement. Elle accompagne des usages installés depuis longtemps. Elle se lit dans la constance de l’offre, dans la facilité avec laquelle le produit est trouvé, acheté, et cuisiné.
Quand le lieu devient visible
L’opposition à une ferme aquacole en Gironde, portée (entre autres) par les écologistes, ne modifie pas ces habitudes. Les achats continuent. Les volumes écoulés restent les mêmes. Les barquettes ne disparaissent pas des rayons.
Le point de tension apparaît lorsque la production cesse d’être abstraite. Lorsqu’elle prend un emplacement précis, identifiable, situé sur une carte. À ce moment-là, ce qui était accepté à distance (parce qu’ignoré) devient moralement contestable.
Ce que rien ne change
Refuser une production locale maintient la dépendance à des filières éloignées. La distance rend les conditions concrètes moins perceptibles. La responsabilité se dilue dans la longueur de la chaîne.
Une rupture serait immédiatement visible. Des rayons moins fournis. Des prix plus élevés. Une disponibilité réduite. Tant que ces signes n’apparaissent pas, l’organisation existante se prolonge sans heurt.
Avant le débat
Le débat public intervient tard. Bien après que le choix a été fait, répété, intégré aux habitudes. La décision matérielle ne se prend pas devant une ferme aquacole. Elle se prend plus tôt, sous les néons d’un supermarché, au moment où le saumon est posé dans le caddie.
C’est là que tout commence. Et c’est souvent là que tout s’arrête.
A voir en vidéo :











Bonjour à tous,
J’ai travaillé il y a quelques années pour un grand distributeur français sur la filière saumon.
Et bien je n’en mange plus. Le saumon d’élevage est élevé dans des conditions déplorables, « drogué » avec diverses substances pour éviter des épidémies entre eux. J’ai particulièrement suivi le saumon élevé en Norvège.
Le saumon sauvage ? Quand il n’est pas, comme le thon et ceux qui sont en haut de la chaîne alimentaire, infesté de mercure, c’est un miracle.
Vous voulez un bon conseil ? Mangez de la truite française d’élevage. C’est le plus sain chez les salmonidés.
Je précise que je n’ai aucun intérêt sur ces filières et que je ne travaille plus dans le domaine.
Thierry
Le cas du saumon illustre parfaitement le processus de destruction de la qualité de certains produits par l’agroalimentaire pour donner l’illusion au plus grand nombre de pouvoir y accéder chaque jour. Avec la mondialisation c’est encore pire sur le plan écologique et sanitaire, et sur le plan économique puisque désormais nos productions vont être détruites par l’importation massive du bas de gamme.
La France avait tout pour proposer la meilleure nourriture au monde et même l’exporter. Il aurait fallu promouvoir un autre modèle d’alimentation beaucoup plus durable, éduquer aux produits, à la cuisine….
Ce n’est qu’un aspect parmi d’autres mais avoir supprimé cette part d’éducation qui existait à l’école contribue aujourd’hui à la malbouffe et au difficultés de pouvoir d’achat.
Bonjour, à mon avis ,on peut se passer du saumon ,nous avons le choix avec le poisson de mer,hélas qu’on nous dit aussi pollués (mercure ),le poisson de rivière pas assez valorisé et aussi pollués (pcb),sauf en petite consommation bien sûr. l’élevage du saumon, pourquoi pas?mais faisons cela avec le moins d’impacts sur l’environnement (eau),de nouvelles technologies existent me semble-t-il pour les limiter (déchets), maintenant la nourriture pour ces poissons,d’où vient elle?si circuit court ok,mais de toute façon tout ceci à un coût, comme tout élevages,à chacun de faire son choix, mais n’oublions pas,si nous ne le faisons pas ,d’autres le feront!et seront peut-être moins regardant sur l’environnement.
A nous de ne pas acheter ni manger de saumon! Le consommateur peut toujours agir par ses choix d’alimentation et remplacer le poisson par des protéines végétales, de préférence bio.
Fils de marin pêcheur,pour moi ,la catastrophe c est que une grande partie de la pêche est rejetée et perdue car soit disant de moindre valeur.autrefois le poisson, quasiment tous, était vendu directement a de petits revendeurs et était écoulé rapidement,il était frais et pas cher.aujoird hui,il faut passer par des grossistes,par la criée,qui revendent a des poissonniers puis aux consommateurs donc bien plus cher, comme ça l état contrôle tout.
Bonsoir Jean 1, oui les rejets existent encore, pourquoi?poissons soit disant non commercialisable,d’autres trop petits,protégés,et les quotas(peur de la sanction),et en général poissons blessés ou morts perdus pour l’humain ou les animaux d’élevages ou domestiques. Oui!! il faut valoriser ces poissons !!qui sont en majorité perdus, et même avec des techniques de pêche modernisées, il y en aura toujours, Et Ne pas sanctionnés les pêcheurs .
Bonjour Jean 1,autre aberration,lors de grosses prises, gros tonnage,les cours a la criée baissent jusqu a un prix plancher pour rémunérer les pêcheurs et le poisson détruit.ces prises se font lorsque le poisson se rassemble sur les plateaux pour frayer.il est arrivé que des banquets de sole partent a la broyeuse.une mesure qui protégerait la ressource,l interdire a ces endroits bien connus des pêcheurs dont certains le demandent.voila le bon sens de notre société soit disant moderne.