Vakita : la relaxe, puis la quête 

Anti-chasse
date 04 mars 2026
author Richard sur Terre

Relaxé dans une affaire de diffamation, Hugo Clément transforme aussitôt la décision de justice en appel à l’abonnement. Une mécanique militante devenue la colonne vertébrale de Vakita.

« Cette semaine, cette newsletter est un peu particulière. Il n’y aura ni décryptage, ni recommandation, ni analyse d’actualité. » (Oui je suis abonné à la newsletter de Vakita et tu vas rien faire du tout.)

La lettre envoyée aux abonnés de Vakita ne promet ni information nouvelle, ni analyse, ni regard sur l’actualité. Elle annonce simplement un message personnel du fondateur du média. La scène est posée : ce qui suit ne relève pas du travail journalistique mais d’une communication adressée directement à une communauté.

La première information tombe aussitôt : Hugo Clément annonce sa relaxe dans la procédure en diffamation engagée par le dresseur animalier Pierre Cadéac. Trois années de procédure, explique-t-il, et finalement une décision du tribunal correctionnel de Fontainebleau reconnaissant le sérieux de l’enquête publiée par Vakita en 2022.

Le fait est simple : une plainte, un procès, une relaxe.

Dans une rédaction classique, ce type d’épisode se conclut généralement par une brève mention : la justice a tranché, le dossier est clos, et chacun retourne à ses activités.

Chez Vakita, la décision judiciaire n’est que le début du récit.

À peine la relaxe annoncée, le ton change. « Nous n’avons pas vraiment le cœur à célébrer », écrit Hugo Clément. Les lignes suivantes ne portent plus sur le contenu de l’enquête ni sur les faits qu’elle évoquait. Elles détaillent le coût du procès : honoraires d’avocats, déplacements, convocations de témoins venus de toute la France.

La victoire judiciaire est immédiatement replacée dans un cadre plus large : celui d’une pression financière permanente exercée contre le média.

La mécanique narrative apparaît alors très clairement. La relaxe sert à établir la légitimité du travail journalistique. Le coût de la procédure introduit la fragilité économique du média. Et cette fragilité prépare la conclusion logique du message : la nécessité de soutenir Vakita.

Entre ces deux étapes, la newsletter introduit un deuxième épisode judiciaire. Hugo Clément annonce avoir reçu une notification de mise en examen pour diffamation à l’initiative de Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs.

La situation évoquée est précise : un message publié sur le réseau social X en 2023 critiquant des propos de Willy Schraen, et des commentaires d’internautes apparus sous cette publication. La procédure vise ces éléments.

Dans la lettre, cette nouvelle affaire est présentée comme une illustration supplémentaire des pressions subies par le média.

A lire aussi : Vakita : la passion de la désinformation

Pourtant, la question posée par ce type de procédure n’a rien d’extraordinaire dans une démocratie. Lorsqu’une personne estime avoir été diffamée publiquement, elle peut saisir la justice afin qu’un tribunal examine les faits. C’est le principe même du droit de la diffamation : permettre qu’une accusation publique soit confrontée à un examen judiciaire.

La newsletter ne s’attarde pas sur ce point. Elle préfère inscrire l’épisode dans un récit plus large : celui d’un média constamment visé par des procédures destinées à l’épuiser financièrement.

« Leur objectif est souvent le même : nous faire perdre du temps, de l’énergie et des moyens financiers », écrit Hugo Clément.

Cette interprétation est au cœur du message. Les procès ne sont plus seulement des contentieux juridiques entre un média et des personnes mises en cause. Ils deviennent, dans le récit proposé, la preuve d’une hostilité structurelle envers le travail de Vakita.

À ce stade de la lecture, la conclusion de la newsletter est prévisible.

« Pour sécuriser l’avenir du média, nous avons besoin de 20 000 nouveaux abonnés. »

La phrase intervient après plusieurs paragraphes consacrés aux procédures judiciaires et à leurs conséquences financières. Elle constitue l’aboutissement logique de la démonstration.

La victoire judiciaire introduit la crédibilité. Les procès illustrent les difficultés. Et ces difficultés justifient l’appel à l’abonnement.

Ce modèle n’est pas propre à Vakita. Il caractérise une grande partie des médias militants financés par leur public. Dans ce type d’écosystème, le conflit joue un rôle central. Chaque procédure judiciaire devient un épisode qui confirme l’utilité du combat mené par le média. Et chaque épisode renforce la cohésion de la communauté qui le soutient.

La newsletter de Vakita illustre parfaitement ce fonctionnement.

L’enquête initiale sert de point d’ancrage journalistique. Les procédures judiciaires nourrissent la narration d’un affrontement. Et l’appel à contribution transforme le lecteur en soutien actif du média.

Au fil du texte, le lecteur cesse progressivement d’être un simple destinataire d’informations. Il devient un acteur de la survie du projet.

La dernière partie de la newsletter le dit sans détour : « Vakita existe grâce à vous ». La phrase résume toute la logique du dispositif. L’information n’est plus seulement un produit éditorial. Elle devient le point de départ d’une mobilisation collective.

Dans ce modèle, les procès jouent un rôle inattendu. Ils ne sont plus seulement des litiges à résoudre devant les tribunaux. Ils deviennent aussi des moments de narration et de mobilisation. Chaque procédure rappelle au public que le média dérange. Chaque rappel renforce la nécessité de le soutenir. Et chaque soutien prend la même forme : un abonnement à cinq euros par mois.

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1 Commentaire :
  1. MARKUS
    06/03/26

    Par curiosité, je suis allé voir sur le site VAKITA pour connaître le prix des abonnements.

    Le moins cher est à 50€ par an.

    Alors, quand on réclame 20.000 nouveaux abonnés, on réclame
    1.000.000 € (1 million d’euros par an).

    Voilà le niveau du business de VAKITA.

    On peut se demander le nombre d’abonnés actuels sans ces 20.000 abonnements sollicités.

    Une enquête devrait être faite sur le niveau du business que ce monsieur parvient à obtenir au travers de ses diverses activités médiatiques, dont la première est sa société de production.

    Lors de son audition toute récente, en février 2026, par la Commission d’enquête de l’Assemblée Nationale sur l’Audiovisuel Public, Hugo CLÉMENT donnait le chiffres de 60 emplois en CDI (plein temps) dans sa société de production, sans compter les emplois en CDD plus nombreux.

    Tout ça c’est déjà un beau volume d’argent.

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