Charente-Maritime : la colère agricole franchit une ligne

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date 12 décembre 2025
author Richard sur Terre

Des locaux d’associations environnementales ont été visés en Charente-Maritime par des actions revendiquées par la Coordination rurale. Des faits condamnables, révélateurs d’une rupture profonde du dialogue entre monde rural, ONG et institutions.

En Charente-Maritime, plusieurs locaux d’associations de protection de l’environnement, ainsi que ceux de l’Office français de la biodiversité et la permanence d’un député écologiste, ont été visés par des actions revendiquées par la Coordination rurale. Dépôts de pneus, bottes de paille, banderoles et têtes de sangliers ont été découverts devant ces bâtiments. Des faits qui ont immédiatement suscité une vague de condamnations.

Il faut être clair d’emblée : l’intimidation, la mise en scène violente ou les symboles macabres n’ont rien à faire dans le débat démocratique. Quelle que soit la colère exprimée, elle perd toute légitimité dès lors qu’elle cherche à impressionner ou à menacer. Sur ce point, il n’y a ni ambiguïté ni relativisme possible.

Mais s’arrêter là serait intellectuellement paresseux.

Car ces actions ne surgissent pas dans le vide. Elles s’inscrivent dans un climat de tension extrême entre une partie du monde agricole, certaines administrations et des associations environnementales très offensives sur le terrain judiciaire. En Charente-Maritime comme ailleurs, les contentieux liés à l’eau, à l’irrigation ou aux pratiques agricoles se multiplient, souvent à l’initiative d’ONG qui revendiquent ouvertement une stratégie de recours systématique.

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Ce que ces actions révèlent, au-delà de leur forme condamnable, c’est une rupture profonde du dialogue. Une partie du monde rural a le sentiment d’être continuellement mise en accusation, contrôlée, entravée, sans que ses contraintes économiques, climatiques et sociales ne soient réellement prises en compte. Ce sentiment, qu’on le partage ou non, existe. L’ignorer ne fera que l’aggraver.

On notera d’ailleurs une constante désormais bien installée dans le débat public : la condamnation est immédiate et unanime dès lors que la colère vient du monde rural, tandis que d’autres formes de radicalité — blocages, intrusions, dégradations commises au nom de l’écologie ou de l’animalisme — bénéficient souvent d’une indulgence médiatique bien plus grande, voire d’une justification morale implicite. Ce deux-poids deux-mesures alimente un ressentiment déjà profond.

Pour Chasses Éternelles, la ligne est claire. La défense des activités rurales, agricoles ou cynégétiques ne passe ni par la menace ni par la mise en scène de la violence. Mais elle ne passe pas non plus par la diabolisation permanente de ceux qui vivent et travaillent sur les territoires.

À force de judiciariser chaque désaccord, de moraliser chaque pratique et de délégitimer toute contestation venue du terrain, on fabrique de la colère brute. Et quand la parole ne circule plus, certains finissent par parler autrement. C’est précisément ce que nous devrions collectivement chercher à éviter.

Le débat sur l’agriculture, l’environnement, la biodiversité et les usages ruraux mérite mieux que des coups de force symboliques et mieux que des postures morales. Il mérite du droit, du dialogue, et surtout du respect réciproque. Sans cela, les lignes continueront de se tendre — et chacun portera sa part de responsabilité dans l’escalade.

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3 Commentaires :
  1. gilbert
    12/12/25

    A mon sens ces actions montrent le déchirement de la société. D’un coté le monde rural, le vrai, pas les villages « rurbains » composés de belles et grosses maisons, dans son ensemble et de l’autre le monde citadin qui ne se rappelle plus que le lait est issu de la vache et que pour avoir du lait il faut un veau. Le jambon blanc est une partie d’un cochon qui est tué, le poisson n’est pas de forme carré et il faut le pécher. Les barquettes plastiques des super marchés nous l’ont fait oublié. Les animaux sont tués pour être mangés, et oui c’est ainsi que ça marche. Les asperges sont récoltées à la main et parfois à genoux, les salades sont coupées une à une… C’est ça la ruralité et les feux de permanences politiques ou le fumier devant les préfectures ne changeront pas la réalité. Je n’approuve pas vraiment ces actions mais je les comprends.

  2. Jojo
    12/12/25

    A force de taper les gens il faut s’attendre au retour de bâton.
    Moi je suis à 100% avec eux. Là au moins ils vont comprendre leur douleur

  3. Jean 2
    14/12/25

    Bonjour,effectivement notre société est fracturée, les causes sont diverses, et les gouvernements successifs ont leurs parts de responsabilité,ainsi que notre assemblée nationale.

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