De la propagande aux prétoires : One Voice change de méthode

Anti-chasse
date 14 janvier 2026
author Richard sur Terre

En Moselle, l’autorisation des tirs de sangliers de nuit à l’aide de dispositifs thermiques déclenche une offensive judiciaire de One Voice. Moins d’images choc, plus de recours : l’association change de stratégie.

Un arrêté préfectoral qui fait date

À l’hiver 2025-2026, la préfecture de la Moselle publie un arrêté autorisant, sur une période étendue, la régulation nocturne du sanglier à l’affût, avec possibilité d’utiliser des dispositifs de vision thermique. Le cadre est clair : tir à poste fixe, plages horaires nocturnes définies, et objectif assumé de limitation des dégâts agricoles et des collisions routières.

Cette décision s’inscrit dans un contexte local tendu, marqué par une pression croissante des populations de sangliers, des demandes insistantes du monde agricole et une recherche d’efficacité accrue des opérations de régulation. Elle s’inscrit aussi dans une tendance plus large observée dans plusieurs départements confrontés aux mêmes réalités.

La riposte immédiate de One Voice

La réaction ne se fait pas attendre. One Voice saisit le tribunal administratif de Strasbourg pour demander la suspension de l’arrêté. L’argumentaire est désormais bien rodé : disproportion de la mesure, risques pour la sécurité publique, atteinte à la faune sauvage, et usage jugé excessif des technologies de vision nocturne.

Sur le fond, rien de réellement nouveau. One Voice mobilise un registre déjà éprouvé : dénonciation de “l’abattage massif”, critique d’une prétendue “chasse permanente”, et mise en cause de l’État pour complaisance envers les chasseurs.

Mais sur la forme, le virage est net.

Un tournant stratégique assumé

Longtemps, One Voice a privilégié une communication frontale et émotionnelle : vidéos militantes, images choquantes, comparaisons outrancières, slogans simplistes destinés à frapper l’opinion publique. Une stratégie efficace pour mobiliser une base convaincue, mais dont l’impact médiatique et politique s’est progressivement érodé. Rajoutez à cela les chasseurs actifs sur les réseaux sociaux qui démontent leurs mensonges sans prendre de gants (indélicats qu’ils sont), et vous obtenez un climat pour le moins défavorable à l’enfumage public.

Aujourd’hui, l’association change de terrain. Moins de propagande spectaculaire, davantage de contentieux systématiques. Chaque arrêté préfectoral, chaque décision locale devient une cible potentielle. L’objectif n’est plus seulement de convaincre, mais d’entraver, de ralentir, d’épuiser.

Le harcèlement judiciaire comme mode d’action

Le cas mosellan illustre parfaitement cette évolution. En multipliant les recours, One Voice cherche à installer une pression permanente sur les préfectures, à rendre chaque décision juridiquement coûteuse, politiquement risquée, etv administrativement chronophage.

Peu importe, au fond, l’issue du recours. Gagné ou perdu, il aura produit ses effets :

  • mobiliser du temps et des moyens publics,
  • retarder l’application des mesures,
  • installer un climat de suspicion,
  • dissuader, à terme, les autorités de trancher.

C’est une stratégie connue, éprouvée dans d’autres domaines : faire du droit un outil de blocage, non plus un instrument d’arbitrage.

Une contestation qui ignore la réalité du terrain

Ce glissement pose une question de fond. À aucun moment, dans ce type de contentieux, n’est réellement abordée la réalité écologique et agricole locale. La surabondance de sangliers, les dégâts économiques, les risques routiers deviennent des variables secondaires, presque accessoires.

A lire aussi : Chasse nocturne et projecteur ? 

La régulation n’est plus discutée sur son efficacité ou son encadrement, mais niée dans son principe même. Peu importe la méthode, peu importe les garanties : toute action est de fait à combattre.

Un signal politique clair

L’affaire de la Moselle n’est pas un épiphénomène. Elle révèle une radicalisation tactique du militantisme animaliste, qui délaisse progressivement le débat public pour investir massivement le champ judiciaire.

Ce choix n’est pas neutre. Il interroge la capacité de l’État à gouverner durablement des politiques de gestion de la faune sauvage sous la menace permanente du recours contentieux. Il interroge aussi la sincérité d’associations qui prétendent défendre le vivant tout en ignorant les équilibres biologiques et humains.

Avec cette attaque contre l’arrêté mosellan, One Voice confirme sa mue : moins de slogans, plus de procédures. Une machine de harcèlement judiciaire bien huilée, qui ne cherche plus à convaincre mais à contraindre. Reste à savoir si les tribunaux accepteront durablement d’être instrumentalisés comme outil de paralysie de l’action publique, ou s’ils rappelleront que le droit administratif n’est pas un substitut au débat démocratique — ni à la réalité du terrain.

A voir en vidéo :

Partager cet article
5 Commentaires :
  1. AJH
    14/01/26

    J’espère qu’un jour ils seront attaqués pour abus de procédures abusives.
    Et que la loi sur les subventions aux associations évolue pour que les avantages fiscaux aillent à des associations qui pourront rendre compte d’activité de terrain du moins dans le domaine de l’environnement.

  2. Jean 2
    14/01/26

    Bonjour, j’espère qu’elle sera déboutée, voir peut-être condamnée pour excès de procédure, car il s’agit d’un arrêté pour une mission d’intérêt général,et je dirai même que l’OFB devrait participée à ces prélèvements,car cette fédé n’y arrive plus

  3. Jean1
    14/01/26

    La seule solution est de les faire payer,d indemniser les agriculteurs dont ils en ont rien a foutre.cette dérive de ces ong est inquiétante,loup, sanglier, cormoran ect.ils attaquent systématiquement les arrêtés préfectoraux, pourtant tout a fait justifiés,en espérant que la justice va les debouter.

  4. Pineau
    14/01/26

    ? Il n’y a pas de changement de stratégie cela fait des années que toutes les associations et pas seulement animalistes passent leur vie et l’argent souvent public dans les différentes juridictions ( tribunaux administratifs, conseil d’Etat, cours européenne…). C’est devenu leur activité principale.
    Leur droit d’enclencher des procédures en leur nom devrait être retiré. Cela devrait être uniquement des individus identifiés via éventuellement une procédure collective et un avocat.
    Pour le reste, il faudrait déjà un État fort qui coupe les financements à toute association qui ne démontre pas une bonne utilisation de l’argent public et évidemment quand c’est pour attaquer l’Etat.

  5. gilbert
    15/01/26

    Demandons à One Voice de payer les agriculteurs et de réguler les populations et arrêtons la chasse ou plutôt ne la reprenons qu’au 01 janvier 2027. Simplement un report de 5 mois et regardons.
    Les tribunaux ne sont pas à la solde de One Voice et l’OFB serait bien inspirée comme les préfectures de se montrer un peu.

Soumettre un commentaire

Dans la même catégorie

Articles les plus récents