Nouvelle confrontation entre Pierre Rigaux et des veneurs. Une séquence filmée, et des nerfs qui lâchent. Analyse d’un piège dans lequel on continue de tomber.
Dans la vidéo publiée par Pierre Rigaux, on entend « frappé », « étranglée », « volé ». On voit des cavaliers s’approcher, le visage durci. On perçoit une mise à mort décrite comme un « massacre ». On distingue une altercation physique, des mains qui se tendent, des corps qui se heurtent. Le reste est hors champ. Evidemment.
La séquence dure 40 secondes. Quarante secondes arrachées à une journée de chasse, montées, et diffusées. Elle montre un pic de tension. Elle ne montre ni les heures d’avant, ni ce qui suit, ni le contexte. Impossible, pour celui qui regarde sur son écran, de reconstituer la vérité complète.
En face, la Société de Vènerie évoque une intrusion répétée sur une propriété privée et un refus obstiné de quitter les lieux malgré les demandes. Deux versions. Deux récits. Une seul restera.
Le piège qu’on connaît tous
Ce n’est pas la première fois. On le sait tous.
Combien d’entre nous ont déjà senti cette présence hostile en lisière, cet objectif braqué, cette provocation calculée ? Combien ont ressenti cette montée d’adrénaline, ce mélange de colère et d’impuissance face à quelqu’un qui attend, qui espère, qui veut votre débordement ?
La méthode est rodée : présence bien visible sur le terrain dès le début de la chasse, captation d’un moment de tension soigneusement construit pendant des heures, diffusion immédiate sur les réseaux. La séquence est courte, dense, émotionnelle. Elle explose en quelques heures.
Le problème n’est pas l’existence d’un désaccord sur la chasse à courre. Le problème, c’est qu’on perd le contrôle de notre propre image à l’instant où on perd nos nerfs.
Depuis des années, chacun sait que la moindre réaction excessive sera filmée, découpée, commentée, partagée. Chaque geste brusque devient « preuve de violence ». Chaque éclat de voix devient « agression ». Chaque mouvement vers la caméra devient « intimidation ».
Et pourtant, la colère surgit encore. Et il sait qu’elle surgira.
Une mécanique qu’il faut nommer
Sans altercation, pas d’images percutantes. Sans images percutantes, pas de vagues d’indignation sur Twitter. Sans indignation massive, pas de pétitions, pas de tribunes, pas de pression politique.
La vidéo ne sert pas à documenter objectivement une pratique. Elle sert à construire un ennemi. Elle alimente un récit préexistant : celui de chasseurs violents, incontrôlables, dangereux. Elle soude une communauté militante autour d’images choc. Elle justifie rétrospectivement l’intrusion, le harcèlement, et la provocation.
Pierre Rigaux ne bâtit pas son audience sur des débats posés ou des documentaires équilibrés. Il la bâtit sur nos moments de faiblesse. Sur nos débordements. Sur nos erreurs humaines qu’il transforme en preuves systémiques.
On lui offre, à chaque fois, exactement ce dont il a besoin.
La discipline, ou la défaite
La vénerie française revendique depuis des siècles une culture du geste maîtrisé, du temps long, du contrôle absolu. C’est notre socle. Notre fierté. Ce qui nous distingue.
Aujourd’hui, ce contrôle doit s’étendre au-delà de la chasse elle-même.
Face à une caméra braquée, face à une provocation répétée, le protocole doit être implacable : ne pas répondre aux insultes. Ne pas toucher. Filmer soi-même, en continu, sans interruption. Appeler les forces de l’ordre. Laisser la procédure judiciaire suivre son cours. Rien d’autre.
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Imaginons la scène autrement : un militant isolé face à des veneurs parfaitement impassibles, qui le filment à leur tour, qui notifient calmement la gendarmerie, qui refusent tout contact physique. Aucune séquence spectaculaire. Aucun cri. Aucune main levée. La tension retombe. Les réseaux sociaux s’en moquent.
À l’inverse, une bousculade, un éclat de voix, une main sur une épaule — et c’est fini. L’image collective est abîmée pour des mois.
Je sais ce que certains diront : « On devrait pouvoir chasser tranquilles sur nos terres sans subir ça. » Oui. Absolument. Mais ce « devrait » ne change rien à la réalité tactique du moment. On ne choisit pas le champ de bataille. On choisit ce qu’on en fait.
La bataille des images
La justice établira les faits concernant les accusations de violences, de vol, d’intrusion. Ce terrain relève du contradictoire, de l’enquête, des témoignages croisés. Pas des impressions à chaud.
Mais la bataille de l’opinion publique, elle, ne se joue pas au tribunal. Elle se joue en quarante secondes sur un écran de smartphone.
Dans l’espace médiatique, ce ne sont jamais les nuances qui circulent. Ce sont les scènes brutes. L’image du cavalier qui s’énerve écrasera toujours le contexte. L’altercation effacera les heures de pratique respectueuse qui ont précédé.
C’est injuste ? Oui. C’est la réalité ? Aussi.
Tant que certains d’entre nous céderont à l’emportement (et je dis « nous » parce que j’ai déjà moi-même ressenti cette tentation, cette rage devant la provocation), le scénario se répétera. Et tant qu’il se répétera, l’adversaire aura la matière première pour nourrir son récit anti-chasse.
Ce qu’on doit accepter
La maîtrise de soi n’est plus une vertu morale qu’on cultive pour l’honneur. Elle est devenue une condition de survie collective.
Chaque chasseur qui part en forêt avec son équipage doit désormais intégrer cette réalité : vous êtes potentiellement filmés. Chaque geste compte. Chaque mot peut être isolé, monté, sorti de son contexte.
Alors apprenons à ne plus commettre ces erreurs. Entraînons-nous au sang-froid absolu. Diffusons les protocoles. Briefons systématiquement les équipages avant chaque sortie. Filmons nous-mêmes, du début à la fin.
C’est contraignant ? Oui. C’est épuisant ? Sans doute. Mais c’est le seul moyen de désarmer nos opposants.
Parce que la prochaine vidéo est déjà en préparation. La prochaine confrontation est programmée. La prochaine caméra attend, quelque part en lisière. La question n’est plus de savoir si elle nous trouvera. La question est : que montrera-t-elle ?
A voir en vidéo :











Bonjour Richard,
Je suis d’accord avec vous, mais si la justice mettait un terme à toutes ces exactions, le problème n’existerait plus. Si quelqu’un rentre chez moi sans mon autorisation, et que, après de multiples demandes, il ne sort pas, je me réserve le droit de le sortir moi-même, mais avec beaucoup moins de diplomatie. La propriété privée est inviolable, et cela, c’est un droit constitutionnel.
Bonjour , Il est indéniable que le harcèlement que subissent les veneurs est inadmissible , et je trouve qu ils ont déjà bien su contrôler leurs nerfs . Mais à un moment donné , la coupe est pleine . Le fautif n est pas ce Rigaux mais la justice qui ne fait rien pour empêcher ce clown de nuire . Je pense même qu il s’en sort plutôt bien . Il serait grand temps que notre FNC réagisse en se portant partie civile à chaque fois que nécessaire et ce , avant qu un drame n’arrive . Apres , il sera trop tard.
Bonjour, comment se fait-il que des manifestants anti-chasse troublent-ils encore le déroulement légal d’un mode de chasse autorisé. Il me semble qu’en France, pays démocratique, existe un service du maintien de l’ordre qui s’appelle la Gendarmerie nationale. Il existe aussi des services publiques avec des agents de l’État : Office national des Forêts, Office français de la biodiversité… Ce sont ses services qui devraient siffler la fin de la partie… Ce sont les premiers sur le terrain à pourvoir intervenir. La justice est l’étape suivante seulement. Le véritable désordre devrait être réglé sur le champ, sinon à quoi servent les articles des codes qui régissent l’exercice de la vénerie ? C’est exaspérant de voir autant d’incuries des services de l’État !
Bonjour, la gendarmerie a fait le boulot dans la somme, par contre, il me semble que vous êtes optimiste pour l’OFB
Les juges devraient se poser les questions suivantes 1er ment pourquoi seulement 40 segondes de partage de plomb sur une journée complète de la part des vendeurs. 2 eme ment pourquoi des faits répétitifs avec le même individu (provocateur intéressé) .
On dirait que vous acceptez que nous devons désormais nous habituer au harcèlement et bâtir des stratégies de comportements… c’est n’importe quoi.
Pourquoi ça n’arrive pas dans certains pays? Ben parce que la loi protège l’activité légale de chasse.
Tout ça ça s’arrêtera quand tous les chasseurs, FNC en tête diront à l’Etat: à partir d’aujourd’hui la chasse du grand gibier s’arrête tant que :
– un euro d’argent public reste versé à une association anti chasse
– un texte de loi sur l’interdiction du harcèlement, opposition à une action de chasse… ( en clair qui interdit les actions sur un terrain de chasse) n’est pas voté et promulgué
Etc…,
Vous pouvez mettre une bonne liste de revendications, puisqu’il est question de millions à milliards d’euros de conséquences d’arrêt de la chasse.
A un moment c’est bon, les moyens de pression on les a, il faut arrêter de se faire piétiner et avoir le courage de frapper fort.
bonjour
alors Bourvil ils ont volé ton vélo
dommage que c avec le manche de l’épieu qu’il ton frappé .l’épieu c plus coule
La violence de vos propos reflète bien la violence de vos actes et de votre comportement. Vous n’avez aucun respect pour rien, hormis votre droit de propriété. La nature n’appartient à personne. (L’article est très bien rédigé en tout cas)
Jean valjean,ce monsieur est un provocateur,il en vit,ne fait rien pour la nature et il y a longtemps qu il aurait dû être condamné.mais en France on condamne les propriétaires qui veulent récupérer leur bien au profit de squatteurs qui les saccagent en toute impunité.la chasse a courre,celle qui se rapproche le plus de la nature,aucune différence par exemple avec le loup,de loin la moins meurtrière est une pratique encadrée et tout a fait légale.
Cela aurait dû être fait dés le départ aujourd’hui on en parlerai plus, l’inaction face à des harceleurs c’est l’assurance de se lier les mains durablement et s’imposer de subir indéfiniment.
“Là où il n’y a le choix qu’entre lâcheté et violence, je conseillerai la violence.” … Gandhi
Je lis l’article, et je vois : « ouin ouin ouin ».
Les associations de défense continueront de se battre contre ce genre de pratique barbare, que vous le vouliez ou non.
Pratique barbare!vous êtes certainement pour la réintroduction du loup qui chasse de la même façon,avec plus d efficacité,en tuant faon,biche,ect.evidement comme d habitude des injures mais aucun argument.il n y a jamais eu autant de cervidés en France mettant a mal sa régénération et de toute façon il faudra en tuer une partie et en plus ce sont les chasseurs qui indemnisent pour les dégâts causés.ca donne bonne conscience mais le monde de Walt Disney n existe pas.
Ce clown doit dormir avec une caméra tellement il est prêt a justifié tout débordement à son encontre. A force de chercher la bèbête, un jour on la trouve ! Il est grand temps que l’ONF, OFB et autres représentants de la loi, tous ensembles, mettent les pieds dans le plat… là on dépasse les bornes du harcèlement . Quels passes-droits a ce gars ?