Le ministre de l’écologie dans une palombière

Chasse Actu
date 17 novembre 2025
author Richard sur Terre

Il y a des images qui font plus d’effet que tous les discours du monde. Un ministre de l’Écologie assis dans une palombière, par exemple. Ça fait hurler, ça amuse ou ça intrigue. En tout cas, ça fait parler. Pour quel résultat…

Parce que, soyons honnêtes : une visite ministérielle dans une palombière, ça n’arrive pas par hasard. On y va parce qu’on veut y être vu et photographié. C’est la règle du jeu. Les politiques font semblant de l’oublier, mais eux savent très bien pourquoi ils font les choses.

Alors évidemment, la LPO s’est étranglée. C’était prévisible. On aurait pu rédiger leur communiqué indigné à l’avance à base de « Comment un ministre de l’Écologie peut-il cautionner cela ? ». C’est le script. Chacun son couloir. Eux protestent, lui sourit, les chasseurs applaudissent, et tout le monde rentre chez soi avec la sensation d’avoir coché sa case du jour.

Mais l’essentiel n’est pas là. Pas vraiment.

Ce qui m’intéresse, c’est le petit jeu de mains sous la table. La mécanique politique qui tourne discrètement, pendant que les commentateurs s’arrachent les plumes. Car cette visite dit quelque chose — ou plutôt elle évite soigneusement de donner ce qu’on attend d’un ministre de l’Écologie : une ligne claire.

Le gouvernement joue à l’équilibriste. Il parle biodiversité le matin et ruralité l’après-midi. Il cite la science quand ça l’arrange, les traditions quand c’est utile. Et il essaie de faire tenir tout ça ensemble avec le sourire. Résultat : on ne sait plus très bien où ça mène. Ni ce que signifie, aujourd’hui, être ministre de « l’Écologie » dans un pays où ce mot ne dit pas la même chose selon qu’on parle à Paris ou à Mont-de Marsan.

A lire aussi : Attaque de Bruxelles sur les palombières

La palombière, c’est un théâtre. Une scène très locale, très chargée. Une cabane en bois où l’on parle de migration des oiseaux, oui, mais surtout de territoire et de culture. C’est un symbole. On n’y met pas un ministre sans intention.

Le ministre se retrouve au centre, figure de médiation entre deux camps qui s’ignorent ou s’envoient des charges violentes. Et le voilà qui joue le rôle du « je dialogue avec tout le monde ». Une posture flatteuse, qui donne l’impression – fugace – que l’État comprend la complexité du terrain.

Mais derrière cette mise en scène, que reste-t-il ? Rien sur les arbitrages attendus. Le ministre va « très vraisemblablement » faire des trucs. On est rassurés.

On a la photo quoi.

La palombière va disparaître des colonnes. Des réseaux sociaux aussi. Ce qui restera, c’est une vague promesse « d’essayer » dans une France qui doit rendre des comptes à Bruxelles de ce qu’il se passe dans un petit village des Landes.

C’est finalement la LPO elle-même qui, je le crois, résume le mieux la situation : 

« Quand il dit qu’il va revisiter la directive oiseaux, les Landais vont croire en l’espoir. Et c’est normal parce qu’un ministre, une nouvelle fois, va dire ‘ne vous inquiétez pas, je suis là, je vais vous défendre’. Et ils vont être déçus. Et une fois de plus, il y aura un discrédit à l’égard de l’exécutif qui fait des promesses dont il sait qu’elles ne sont pas applicables ».

A voir en vidéo :

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5 Commentaires :
  1. Jean1
    17/11/25

    Monsieur schraen,prenez exemple sur la fédé des landes ,une des rares a se bouger avec efficacité.

  2. Un végétarien curieux
    17/11/25

    👍

  3. Lekerly
    18/11/25

    Pour une fois qu’un ministre se déplace, on ne peut que le saluer et, d’une certaine manière, s’en réjouir et féliciter la FDC40 pour cette initiative.

    Ses paroles ont été fortes et elles ont fait du bien, mais nous ne pouvons pas totalement nous rassurer : notre inquiétude demeure.

    Nous « savons » que la décision finale n’appartient pas au gouvernement, mais à la justice, qui montre parfois sa volonté de jouer un rôle de contre-pouvoir. 😞

    Après que certains n’y voient qu’un jeu électoral, on ne peut l’éviter. Je suis surpris Richard de te voir glisser sur ce sujet.
    Nous ne sommes pas crédules Soyons positifs.

    Nous ne sommes pas crédules.
    Essayons, dans cette période hostile, de garder une attitude positive.
    Le passage par les politiques est indispensable, même si nous savons qu’il est loin d’être suffisant.

    Si tu as d’autres solutions n’hésites pas, nous sommes nombreux à être preneurs d’idée.

  4. régis
    18/11/25

    Merci Richard de cet article neutre, nuancé, certainement vrai ! On reste motivés !! Adishatz

  5. Jean 2
    18/11/25

    Bonjour,oui , »qui ne tente rien, n’a rien « héla, nous sommes accrochés à cette Europe qui veut tout lisser, en oubliant les peuples et leurs traditions

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